Chiraz Abd'Al Tahar // Modérateur ~

Age: 20 Messages: 355 Date d'inscription: 02/01/2010
 | Sujet: Derya, la cité sous-marine Mer 21 Avr - 22:31 | |
|  | Spoiler: | | | Les Sirènes
Les Sirènes chantaient... Là-bas, vers les îlots, Une harpe d'amour soupirait, infinie ; Les flots voluptueux ruisselaient d'harmonie Et des larmes montaient aux yeux des matelots.
Les Sirènes chantaient... Là-bas, vers les rochers, Une haleine de fleurs alanguissait les voiles ; Et le ciel reflété dans les flots pleins d'étoiles Versait tout son azur en l'âme des nochers,
Les Sirènes chantaient... Plus tendres à présent, Leurs voix d'amour pleuraient des larmes dans la brise, Et c'était une extase où le coeur plein se brise, Comme un fruit mûr qui s'ouvre au soir d'un jour pesant !
Vers les lointains, fleuris de jardins vaporeux, Le vaisseau s'en allait, enveloppé de rêves ; Et là-bas - visions - sur l'or pâle des grèves Ondulaient vaguement des torses amoureux.
Diaphanes blancheurs dans la nuit émergeant, Les Sirènes venaient, lentes, tordant leurs queues Souples, et sous la lune, au long des vagues bleues, Roulaient et déroulaient leurs volutes d'argent.
Les nacres de leurs chairs sous un liquide émail Chatoyaient, ruisselant de perles cristallines, Et leurs seins nus, cambrant leurs rondeurs opalines, Tendaient lascivement des pointes de corail.
Leurs bras nus suppliants s'ouvraient, immaculés ; Leurs cheveux blonds flottaient, emmêlés d'algues vertes, Et, le col renversé, les narines ouvertes, Elles offraient le ciel dans leurs yeux étoilés !...
Des lyres se mouraient dans l'air harmonieux ; Suprême, une langueur s'exhalait des calices, Et les marins pâmés sentaient, lentes délices, Des velours de baisers se poser sur leurs yeux...
Jusqu'au bout, aux mortels condamnés par le sort, Choeur fatal et divin, elles faisaient cortège ; Et, doucement captif entre leurs bras de neige, Le vaisseau descendait, radieux, dans la mort !
La nuit tiède embaumait...Là-bas, vers les îlots, Une harpe d'amour soupirait, infinie ; Et la mer, déroulant ses vagues d'harmonie, Étendait son linceul bleu sur les matelots.
Les Sirènes chantaient... Mais le temps est passé Des beaux trépas cueillis en les Syrtes sereines, Où l'on pouvait mourir aux lèvres des Sirènes, Et pour jamais dormir sur son rêve enlacé.
Albert SAMAIN |
Kaliorn. . . quand ce nom vous parvient aux orreilles, vous imaginez le sable chaud vous fouettez le visage à l'aide du vent lourd de poussière, le piment qui brûle de la bouche jusqu'au fond de l'estomac, mais surtout vous voyez le grenadier majestueux qui plie ses branches par le poids de ses fruits. Seulement Kaliorn, est-ce vraiment cela ? A l'oreille étrangère ce nom remplit de mystère, trop d'inconnu intrigue et pousse à la curiosité.
L'histoire que qui va vous être contée est souvent relatée par une de ces personnes à l'âge avancé et aux rides creusées de sagesse. Là, regardez. . . une femme nous fait signe d'approcher. On prend place avec d'autres passants tandis que la vieille s'abreuve par ses gestes lents. Celle-là n'est pas une vieille comme les autres. Sa voix s'élève, plus douce que le miel, une voix de jeune femme pure qui ne tremble pas.
« J'ai été le témoin de bien des évènements comme en le montrent les lignes sur mon front et les tâches de mes mains. Ce que je sais dépasse l'entendement, vous le savez, sinon pourquoi m'écouteriez-vous ? »
Quelques uns approuvent niaisement d'un sourire, d'autres se demandent à qui ils ont à faire.
« Il y avait autrefois, il y a des siècles et des siècles de cela, une dissolution du clan Farzam. Déjà nombreux à l'époque il n'y eût aucun problème de peuplement. Pendant qu'une partie construisait notre vieille capitale, une autre faisait une ville au milieu de la mer, sur une île richement pourvu.
Les deux villes s'épanouissaient comme des roses en fleur sans se faire concurrence, au contraire. Elles s'entraidaient et étaient très soudées entre elles. La mer tranquille approvisionnait en poissons et crustacés, les arbres fruitiers poussaient comme bon leur semble sur l'ensemble de l'île. Les mines d'or, d'argent et de rubis étaient très convoitées. Tal'Shek et Derya avaient tout ce qu'il leur fallait pour réussir, mais la seconde plus encore.
Il faut savoir quen ce temps-là, c'était une sultane qui dirigeait l'île s'appelant Derya Bent Sepehr. Une rumeur courrait qu'elle était l'enfant du dieu des catastrophe et c'est grâce à lui que son territoire fut épargné des vagues. Les pouvoirs de la sultane étaient extraordinaires. . . elle n'avait pas de mère. D'après une autre histoire elle serait née seule par une larme d'argent de Sepehr versée dans dans l'océan. C'était une femme formidable à la beauté incroyable. Sa peau était comme le nacre des coquillages, ses lèvres étaient comme le corail et ses cheveux étaient pareils à l'or. Elle était la première à pouvoir rivaliser avec la douce Devashri.
Malheureusement, le sultanat de Derya eut une fin précoce et innattendue. Les hommes refusaient de se plier à l'autorité d'une femme, ils se révoltèrent et son grand vizir, celui qui avait l'entière confiance souveraine, planta une lame dans sa poitrine divine. Un liquide argentée s'écoula sur la victime et son assassin, puis la femme attristée pleura :
« Mon père, voyez ce que font les hommes qui ne veulent pas d'une bergère ! Soyez juste car je ne peux les punir, ramenez-moi près de vous dans les cieux, jouer avec les étoiles et chanter avec la mer céleste, éloignez-moi des traîtres que je ne peux plus voir. »
Il exauça la prière de sa fille. Le soir même la mer se déchaîna, renversant les bâtiments, détruisant les fermes et tuant les hommes. . . jamais on n'eut vu pareil catastrophe. Seules quelques femmes furent épargnées, transformées en des créatures douces et dangereuses à la fois, mi-femme mi-poisson, dont la peau était claire comme l'écumes et la plupart du temps leurs cheveux ressemblaient à de l'or. Leur vie éternelle perpétue la vengeance de la sultane. Les sirènes se montrent parfois à la surface, pour appeler les hommes de leur voix envoûtantes et faire échouer leur bateau, puis après avoir jouer avec eux, elles les laissent mourir noyer dans les tréfonds aquatiques.
A ce qu'on raconte, elles vivent à Derya pour veiller sur d'immenses richesses et protéger la mer. Si elles peuvent être démoniaque il se peut aussi qu'elles sauvent des marins du naufrage ou encore à l'aide de leur pouvoir font d'une femme noyée l'une des leurs. Les pirates ont su les apprivoiser, mais là encore ce sont des rumeurs. . . Bonne soirée à vous, mon histoire est finie. »
La vieille s'en va, aidée d'une jeune femme pour marcher. Petit à petit, tout le monde se lève, même vous. On peut croire au rêve et passer son chemin, ou alors s'aventurer dans les profondeurs de la mer à la recherche des trésors. Souvent, on choisit la première option, plus simple à suivre. |
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