Le royaume du Cygne

La guerre menace toutes les frontières du royaume. Les jours passent et la famille royale semble s'affaiblir. Mais dans l'ombre se cache un autre héritier de la couronne
 
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 Il était un dragon... Prélude à une histoire draconienne

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Ourm

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MessageSujet: Il était un dragon... Prélude à une histoire draconienne   Jeu 22 Avr - 17:43

— Ah, ces humains ! ruminait un elfe perdu dans ses pensées, marchant sur le sable chaud du désert.
— C'est bien dommage que je sache la plupart des Formes... sauf celle d'invisibilité.
Il paraissait visiblement énervé, bien que sa présence dégageât une aura particulièrement tranquille. Le long des siècles de sa longue existence, il avait toujours eu besoin de longs moments de solitude. L'agitation humaine et même elfique finissait toujours par l'exténuer, même s'il tentait de quitter les sentiers battus.
Il cheminait depuis plusieurs millénaires, mais comme il changeait constamment d'endroit, et que le monde était vaste, les gens l'oubliaient au fur et à mesure – ce qui n'était pas pour lui déplaire.
Le soleil brillait à son zénith, et le sable était brûlant. Cela ne semblait cependant pas incommoder cet être, vêtu d'un tissu blanc très usé qui ne le cachait pas à moitié des ardeurs solaires. Sa peau blanche semblait pourtant refléter le soleil comme s'il fut fait d'une matière différente que la fragile enveloppe charnelle de ceux qui portaient son apparence. Aucune rougeur ne trahissait de brûlure, et même ses pieds nus plongeant dans le sable paraissaient dans la meilleure forme, comme s'ils foulaient le sol confortable d'une plage humide.
L'elfe s'arrêta au sommet d'une dune, et s'étira. Il resta debout, comme s'il ne ressentait ni le besoin de se reposer, ni celui de s'asseoir. Il s'étira langoureusement et émit un petit rugissement du fond de sa gorge.
— Qu'il est bon de sentir tout cet espace ! Merci, ô vastes étendues, pour votre merveilleux accueil !
Les restes de quelques côtes d'un voyageur imprudent, usées par le vent brûlant, semblèrent démentir la gaieté de ses paroles, mais il n'y fit pas attention. Il s'étira à nouveau et reprit sa route.
— Je devrais passer plus souvent par ici. Quel paysage magnifique !
Il se mit à chanter joyeusement, puis, tandis que le soleil déclinait et que le vent se faisait un petit peu plus frais, ses paroles se teintèrent de reflets mélancoliques. Il était passé à des chants dans un vieux langage oublié, mais bien qu'incompréhensibles à la plupart, leur tristesse ne connaissait pas la barrière des langues, et se serait facilement transmis à un auditoire pour peu qu'il y en eût un. Il n'y avait malheureusement, semblait-il, pas même un insecte pour l'écouter.
Les formes inquiétantes de constructions presque entièrement enfouies dans le sable arrêtèrent finalement ses pas. Des ombres semblèrent se hâter vers lui, mais quand il les vit, elles s'interrompirent. Enfin, il rit :
— Gardez-les ! Je n'en ai rien à faire !
Puis, riant plus fort encore :
— Non mais quelle idée ! Qu'en ferais-je !
Et, plus sérieux :
— Non. Le seul trésor que je vous volerai, c'est le calme, le silence, ou la méditation face au désert. Et ce trésor là, en ces lieux, est inépuisable. Je ne vous en démunirai donc pas.
Il escalada une vieille tour ruinée qui semblait avoir fait partie d'un ensemble fortifié. Il rêva un moment face au soleil, puis renifla.
— Snif... Ah. Bah non, je suis seul, ce n'est pas une odeur vivante, cela. Quoique... Non, ça n'a pas d'odeur. Pourtant je la sens ? Cet endroit est bizarre. Je devrais peut-être repartir ?
Il s'allongea pourtant sur le dos, et devint très pensif à regarder le ciel, comme s'il regrettait de ne pouvoir y voler, et oublia ses réflexions précédentes.
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Chiraz Abd'Al Tahar
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MessageSujet: Re: Il était un dragon... Prélude à une histoire draconienne   Jeu 22 Avr - 21:10

Rares sont les vies qui traversent le désert. Les hommes ne parviennent pas exploiter le vide sabloneux qui s'offrent à eux et tous fuient les ruines hantées de Noublich. Autrefois pourtant, le royaumes de Noublich était prospère, mais il fut frappé d'un inconnu. Colère divine, comme la cité de Derya, ou simplement impossibilité de gérer ce territoire déshydrater ? Nulle ne le sait, mais le vent chante à travers les pierres et les esprits y mêlent leurs plaintes.

Qui donc aurait l'idée de venir ici, hormis quelques djinni ? Certains humains s'échappent parfois de leur quotidien sans trop s'éloigner de la ville car ils en dépendent. Tout ceux qui viennent dans le désert sont en quête de tranquilité, ce n'est pas l'espace ni le silence qui y manquent. Encore faut-il connaître les dangers et oser s'y aventurer.

Une silouhette se détache de l'horizon tel un mirage, elle avance de façon qui semble incertaine. Ses pieds nus foulent le sable brulants mais la douleur n'y est pas, la chaleur fait onduler son image. A chaque pas qu'elle faisait on croyait qu'elle allait s'évaporer, mais elle restait là. Le fait qu'elle fasse une insolation pouvait inquiéter, surtout avec la longue tunique informe qu'elle portait et le turban qui couvrait sa tête. Tant pour protéger son visage du sable que des regards une écharpe couvrait une grande partie de son visage. Le seule équipement de la silouhette était une besace renfermant divers objets.
Un chant lointain s'adjoint à celui du vent, paroles distinctes loin des complaintes des morts. Beau, joyeux, il semblait devenir triste en fonction du soleil qui allait se coucher, comme la vie après la mort. . . Chanteuse également, Shereen n'avait pas été insensible à ce langage inconnu. Pourtant elle était polyglotte, mais les racines de cette langues semblaient si étranges qu'elle ne pu en reconnaître la provenance, ni littéraire ni physique.


** Un esprit me jouerait-il des tours ? **

C'était en réalité l'autre voyageur qui avait pris un chemin différent au siens. Ils étaient proches et lointains en même temps, suffisament proches pour que les mots se transmettent aisément aux oreilles de la silouhette.

La silouhette n'était autre que Shereen, une djinna au caractère éprouvant pour son entourrage, mais si attachante qu'il ne se résolvait pas à ne pas l'aimer. Une des raisons pour lesquelles elle se tenait éloignée d'eux aujourd'hui. Elle s'était disputée ( c'est pas nouveau ) avec le seul qui la comprenne. Non, ce n'est pas l'amour de sa vie. Elle ne sait pas c'est quoi l'amour. On peut le qualifier d'ami si ça peut vous aider. Ils en étaient venus à parler de couple. Lui, toujours aussi "muet", ne faisait que remuer les lèvres sur lesquelles la jeune femme lisait. Plus précisément ils avaient parler de jalousie. Quel bien vilain tourment apporte ce défaut.


« Je ne suis pas jaloux, une femme peut vivre tranquilement à mes côtés.
- Qu'en est-il de celle que tu as assassinée ? demanda Shereen sans aucune mauvaises intentions. »


Il n'avait pas répondu, et à la vue du malaise que ressentait Rameen d'avoir été pris à mentir juste pour attirer encore plus la djinna, elle était partie. Elle savait que c'était de faute, elles avaient dit les mauvaises paroles. Elle ne se sentait pas pour autant coupable ou gênée. Par contre elle était consciente d'avoir évoqué le pire souvenir de son ami en l'humilant par la même occasion. Sur un coup de tête elle se dit qu'elle pourrait lui faire un cadeau, mais quoi ? C'est là que ça devient drôle. Chiraz aimait faire des cadeaux, faire plaisir, mais ses idées sont souvent folles. Ce qui venait de lui entrer dans le crâne était assez singulier : trouver un trésor dans les ruines. Jusque là, elle n'avait jamais fait plus que s'y installer pour contempler les étoiles, elle ne s'approchait pas trop du coeur des villes car elle ne voulait pas les provoquer. Mais finalement ce cadeau, il était pour elle ou pour Rameen ? Et quelle idée d'aller dans des ruines hantées seule ! D'ailleurs, est-ce qu'elle était venue pour le trésor ou par curiosité ? Elle craignait encore les esprits et hésitaient à poursuivre son chemin. Nombre de pilleurs et d'aventuriers n'avait fait qu'un aller simple.

Trop tard pour reculer, Shereen se trouvait à ce qui semblait être l'entrée d'une des villes, avec ses murs rongés par le temps. Le soleil montrait la fin de l'après-midi quand elle fut arrivée sur les lieux. Pour avoir une meilleure vue, elle se décida à grimper cette tour dont la hauteur avait été coupée. En montant les marches elle entendit :


« . . .a pas d'odeur. Pourtant je la sens ? Cet endroit est bizarre. Je devrais peut-être repartir ? »

Y avait-il un voyageur égarré ou un pilleur qui se remettait en question ? Sans bruit, elle progressait, bien que l'aura draconnique l'avait déjà repéré, ou sans précision. Elle se cachait à l'aide du mur et vit étendu sur le sol un elfe aux yeux d'or, si fragile qu'il était dur de croire qu'il était parvenu jusqu'ici. Ses cheveux blonds étaient presque aussi longs que la cascade bouclée de la djinna. Elle s'approcha, visible au jeune homme.

Pour dire que cet endroit est bizarre il ne devait pas être de Kaliorn. Tous savaient que Noublich était un royaume fantôme et maudit avec ça. Son imprudence choqua Shereen ( alors qu'elle-même l'était ).


« Tu devrais si tu ne sais pas ce qui t'attends, répondit-elle de sa voix grave. »

En dehors des règles de courtoisie elle préférait tutoyer, surtout si la personne était plus jeune qu'elle, ce dont elle avait l'impression.

« Que fais-tu là ? demanda-t-le en le regardant. »

Elle qui d'habitude ne s'intéressait pas trop au monde, elle se trouvait à interroger. Sans se présenter, rien d'autre. Après tout elle restait elle-même. Quoiqu'il en soit, cette rencontre promet
d'être intéressante.
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Ourm

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MessageSujet: Re: Il était un dragon... Prélude à une histoire draconienne   Ven 23 Avr - 9:00

L'elfe rêvait, son regard semblait perdu au loin, dans un songe éthéré et lumineux... Il ne fit pas même attention à l'arrivée de l'inconnue, ni à ses paroles comme si elles faisaient partie du murmure du vent. Seulement, il sursauta vivement, comme si cette jeune femme l'avait heurté, bien qu'elle se tînt encore à bonne distance. Il étendit le bras comme pour la toucher et renifla à nouveau.

— Snif ! Snif ! Snif ! C'est elle !

Puis, après la sensation et l'odorat, deux sens qu'il ne pouvait s'empêcher de considérer comme plus importants et plus précis que la vue (qui, elle, était sujette aux illusions et à l'apparence), il ouvrit grand ses yeux, et s'arrêta sur la mystérieuse silhouette.

— Oh ! Pardon. Je parlais de l'odeur qui n'en est pas vraiment une, et du sentiment d'une présence qui n'est pas habituelle non plus.

Il s'interrompit un court instant, puis :

— Si vous me disiez que vous êtes le vent, je vous croirai... Êtes-vous réelle ou...

Il se leva complètement et, sans attendre nulle réponse, plongea son regard d'or dans celui qui émergeait entre un turban et une écharpe. Les pupilles dorées se mêlèrent au regard d'ambre, un regard dense mais non fermé, dans lequel il put tenter d'entrer pour cheminer au coeur. Celui-ci était proche et semblait particulièrement accessible, mais l'elfe fut surpris de voir à quel point il était aussi insaisissable. Il lui courut après et eut bien de la difficulté à l'attraper ; mais à peine réussit-il à le lire que ce coeur rebelle s'échappa à nouveau comme un petit oiseau.

L'elfe retourna à la surface des choses, et vit que la visiteuse ne semblait pas prête à détourner le regard, comme un silencieux défi. Après le sentiment, il découvrit la fierté. Il baissa poliment le regard.

Il se redressa et regarda un instant pensivement le ciel, comme s'il écrivait en son livre intérieur les découvertes de ce voyage intérieur, puis se tourna à nouveau vers elle, enfin disposé à répondre à une question qu'elle semblait lui avoir posé. Il ferma les yeux, concentré. Non, deux questions !

— Je sais ce qui attend le pilleur, il y a deux cercles de garde autour de ce que renferme cet endroit... Le premier cercle peut paraître effrayant, mais ce n'est rien à côté du second, qui est endormi. Mais, fort heureusement, je ne suis pas un pilleur. Même si je serais curieux de savoir ce qui peut être en si bonne garde.
Ce que je fais là ? Ah ! C'est une bonne question.

Il sourit gaiement, dévoilant des dents blanches qui accentuaient la jeunesse apparente de son corps, presque adolescent à certains points de vue. Avant de la laisser lui répondre, il lui adressa à nouveau la parole, avec un air curieux et intéressé, comme un chat qui découvrirait soudainement un rongeur inconnu de ses aïeux.

— Vous êtes intrigante. J'ai quelques talents naturels en lecture de coeur, mais cela s'arrête à un sentiment très simple sur la nature d'une rencontre, parce que la plupart des... gens ont fermé leur regard. Chez moi, nous n'avons... Nous n'avions jamais besoin de dire ce que nous exprimons naturellement par le regard. Mais si peu, ici, lisent dans le mien... Aussi peu que ceux qui permettent qu'on lise dans le leur.
Je suis troublé, et cela m'arrive peu. Votre regard est transparent comme les miens. Il reflète la beauté d'un grand coeur qui semble se chercher. Et, comme les miens...

Il s'avança vers elle, espérant qu'il n'allait pas l'effrayer, mais elle ne semblait pas du genre à se laisser facilement effrayer. Tout près de son visage, il souffla sur ses yeux, très doucement d'abord et avec beaucoup de précautions, puis plus fort et plus vivement. Le regard de la jeune femme sembla rougeoyer et sa présence devint si forte qu'il en fut étonné lui-même. Il s'éloigna vivement, comme pour se faire pardonner sa hardiesse, et reprit sur-le-champ :

— Et comme les miens, le Feu est vôtre. Un elfe ou un humain ne supporterait pas mon souffle. Mais je sais que vous n'êtes pas des miens. C'est étrange ! Et vous avez... aspiré mon souffle pour accroître votre force, il me semble.

Il soupira.

— Pardonnez-moi. Je ne suis pas bavard d'habitude. Vous pouvez oublier mes paroles si cela vous sied davantage...
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Chiraz Abd'Al Tahar
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MessageSujet: Re: Il était un dragon... Prélude à une histoire draconienne   Dim 25 Avr - 23:23

Le blondinet n'hésita pas à reniffler dans sa direction après s'être soudainement relevé, comme frappé par un esprit. D'entrée, il avait intriguait la djinna habituellement intriguante. Pour une fois qu'elle était dans le rôle inverse, cela lui servirait bien pour l'avenir.

Pour continuer, l'elfe avait parlé d'elle de façons tout à fait comique : premièrement à la troisième personne alors qu'elle était présente, ensuite en la décrivant comme une odeur qui n'en est pas vraiment une. Manquait plus qu'à savoir si c'était oui ou non péjoratif, parce qu'être une odeur déjà c'était pas évident, mais en plus ne pas vraiment l'être c'était étrange. En plus elle n'était pas une présence habituelle. Encore, c'est discutable. En plein désert à une heure pareille, cela pouvait aussi surprendre de voir un elfe simplements vêtu au même endroit. C'était peut-être lui l'inhabituel.


« Si vous me disiez que vous êtes le vent, je vous croirai... Êtes-vous réelle ou... »

La djinna voulut s'expliquer mais son interlocuteur semblait être dans ses réflexions. Si elle parlait, l'écouterait-il ? Elle préféra restée silencieuse, le laissant approcher mais toujours méfiante. Il y eut ensuite un affrontement silencieux, amical entre autre, opposant l'or et l'ambre tout en les mêlant. Tout d'abord, elle ne sut ce que faisait ce drôle d'elfe, mais elle comprit vite ce qu'il essayait de voir. C'etait pour elle la découverte d'une nouvelle magie, pour mieux l'apprendre elle se laissa faire sans rien dire, sans le quitter des yeux.

Quelque chose se passait en elle. C'était bizarre, comme l'étranger, donc pas surprenant. Il était entrée dans cet organe qu'elle oublit bien souvent, que elle-même ne comprend. Il y avait une sorte de jeu du chat et de la souris qui se laisse attrapper pour s'échapper de plus belle, une répétition étrange et incomprise tant par l'inconnu que par Shereen. Le magicien abandonna le jeu et adopta un regard plus présent, moins évasif. Elle attendait patiement des explications. . . Elle était quand même l'aînée et c'était inconvenant d'observer quelqu'un de la sorte, malgré qu'au fond elle ne lui en voulait pas vraiment. Comprenant son insistance, il baissa modestement son regard en signe de politesse. Shereen voyait un air serrein et rêveur sur cette bouille angélique, plus encore lorsqu'il regarda le ciel. A cette heure-ci, la lune partageait le ciel avec le soleil.

Elle écoutait attentivement son cadet, surtout au sujet des deux cercles. Ils étaient donc dans le premier. Il était normal que l'elfe n'ait pas reçu d'attaques, mais elle, pourquoi est-ce qu'un esprit ne lui avait pas rendu visite ? Certes, elle n'était pas une pilleuse, mais elle recherchait un trésor. Son envie ne devait pas être assez forte étant donné sa crainte des lieux, elle ne devait pas être perçue comme une menace. Il n'empêche que si ni l'un ni l'autre n'avait vraiment envie d'obtenir un trésor, il voulait savoir ce qui pouvait être gardé.


« Ce que je fais là ? Ah ! C'est une bonne question. »

Une question à laquelle Shereen n'aura pas de réponse. Hélas ! Elle n'oublie jamais ses requêtes et le doux sourire de l'elfe n'y ferait rien. Il lui jeta un regard drôlement curieux et elle faillit le lui dire. Tout en l'observant avec sa vivacité féline, il lui parlait de lecture de coeur. C'était donc ça qu'il avait fait tout à l'heure. . . La logique de la djinna lui faisait comprendre que si lui, il y arrivait, elle pouvait en être capable. Après tout c'était une maîtresse de l'illusion.

« Je suis troublé, et cela m'arrive peu. Votre regard est transparent comme les miens. Il reflète la beauté d'un grand coeur qui semble se chercher. Et, comme les miens... »

Pour le coup, la djinna avait du mal à le suivre. La beauté d'un grand coeur ? Comme les siens ? Aurait-elle un rapport avec la race de l'inconnu ?
Une fois encore elle ne releva pas l'insolence de son interlocuteur. Après tout il ne lui manquait pas de respect. Shereen se demandait malgré cela pourquoi un tel rapprochement, de telles paroles. Ce jeune homme la laissait perplexe en bien des points, lui faisant presque oublier la raison de sa venue. Elle commença à cerner une partie de lui lorsque, progressivement, il souffla sur ses yeux d'ambre. Il était anormalement chaud avant que ne s'échappent quelques flammes. Un elfe serait-il capable de faire cela ? On voit de tout en ce monde, mais un elfe loin de sa forêt pour aller dans le désert, en plus crachant du feu, il faut reconnaître que ce n'est pas un elfe.

Pour la djinna, le geste de l'étranger fut plus que revigorant. Avec la fraîcheur qu'apportait le soir il faut dire que c'était nécessaire. Elle regardait, perplexe, le dragon sous son déguisement d'elfe. Il s'éloigna de façon confuse, tout en disant :


« Et comme les miens, le Feu est vôtre. Un elfe ou un humain ne supporterait pas mon souffle. Mais je sais que vous n'êtes pas des miens. C'est étrange ! Et vous avez... aspiré mon souffle pour accroître votre force, il me semble, il soupira avant d'ajouter : pardonnez-moi. Je ne suis pas bavard d'habitude. Vous pouvez oublier mes paroles si cela vous sied davantage... »

Il se tut, le regard un peu désolé. Shereen ne l'avait pas quitté du regard, de plus en plus tentée par quelque chose. Tout cela n'avait aucun sens, c'était peut être un tour des esprits malins. Il fallait qu'elle le fasse. . . Elle retourna auprès de lui, sans un mot. Même ses pas n'émettaient pas de son. Une fois assez proche, elle toucha de son indexe la joue de l'elfe. Mouais. . . il avait l'air réel. . . ses paroles avaient beau être dures à comprendre après tout il ne semblait pas être le fruit de son imagination.

« Si nous avons le Feu en commun mais que nous ne sommes pas du même peuple, tu dois être un dragon. Dire que je t'ai traîté comme mon cadet. . . dit-elle, puis elle fit une pause embarassante pour une personne qui n'aime pas s'excuser. Pardonne-moi. . . tu as l'air si jeune. . . »

C'était pourtant lui qui la vouvoyait encore et elle qui le tutoyait, mais ce n'était pas le plus important. Elle s'en alla derrière lui pour observer la ville fantôme, accoudée sur un mur à moitié rongé.

« Ou tu parles trop ou tu fais confiance à n'importe qui. »

Elle ne perdait pas son temps en excuse et préférait dire de suite ce qu'elle pensait, semblant quelque peu bornée et impolie. Elle se retourna, histoire de donner de rapides explication à l'elfe qui n'en est pas un.

« La race Djinn est méconnue en dehors de Kaliorn. Nous avons quelques facultés de métamorphoses et une longévité de vie plus longue que celle des humains. »

Inutile pour elle de s'étendre sur les détails, tel que la lampe ou la descendance divine. Les livres sont bien faits pour quelque chose, il n'avait qu'à en prendre un et lire. Elle reporta à nouveau son regard sur Noublich. Aucun batîment n'était complet sauf un, comme si le temps et la malédiction ne l'avait pas atteind. On pouvait aussi se dire que c'était la malédiction qui persistait. Elle frissonna avec l'arrivée plus sentie de la fraîcheur puis sortit des sandales simples de sa besace pour les enfiler.

« Que fais-tu ici ? répéta-t-elle, car elle n'oublit jamais ses questions. Les dragons sont souvent situés au nord, du mois je l'imagine. »

Elle jeta un autre coup d'oeil sur le temple intact et revint aussitôt sur les prunnelles d'or.

« On y va ? demanda-t-elle. »

Elle pouvait y aller seule, seulement à deux elle se sentirait plus rassurée. Elle se demandait encore pourquoi elle était venue ici, consciente de ses traumatismes dans les lieux morts. Cette manie qu'elle avait toujours de foncer dans ce qu'elle craint finissait toujours par apparraître, ce n'est pas l'inconnu qui jouerait la carte de la prudence si ça se trouve. Pour se retrouver en plein désert Kaliornien, ne devait-il pas être un peu fou ou imprudent ?
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MessageSujet: Re: Il était un dragon... Prélude à une histoire draconienne   Lun 26 Avr - 8:58

C'était extraordinaire. Cette jeune fille...

Lorsqu'il avait arrêté ses réflexions, le silence des lieux et de son esprit lui avait montré à quel point cette rencontre lui avait fait dépasser ses bornes habituelles. L'inconnue l'avait entraîné dans une suite de pensées et de paroles qu'il avait bien peu l'habitude de mener, sans compter qu'elle avait été d'une attention rare, et s'était laissée sonder comme peu l'auraient fait, même d'ami à ami. Il ressentait, en même temps, la distance et le respect de ceux qui ne se connaissent pas, et l'intimité et la confiance de ceux qui sont unis. C'était, un peu, une part de la magie de cette femme : comme le vent, elle semblait proche comme une étreinte et insaisissable comme un soupir.

Le dragon avait appris à se refermer sur lui, car les Hommes, portés à l'apparence des choses, comprenaient rarement ce qu'il voulait dire, et se laissaient rarement faire quand il voulait plonger en eux. Il pouvait facilement plonger dans le regard de certaines jeunes filles, mais alors, il naissait généralement un sentiment qui les rendaient excessivement timides et fermait la porte. Il sentait que la complexité du coeur humain était grande, et leur sentiment au delà de ce qu'il pouvait vraiment comprendre. Cela le rendait perplexe, car les affaires du coeur lui avaient toujours paru tellement évidentes – du moins du temps où il raisonnait en dragon. Pour lui, un grand coeur était fait pour rayonner, et deux grands coeurs qui se rencontraient fait pour unir leurs rayons, au delà de la pensée puisque le coeur obéit aux règles de la spontanéité et de l'intuition. Mais l'homme savait à tel point les mêler à son mental ! Pire, avec son mental et ses pulsions de vie ! Les trois faisaient un mélange obscur aux yeux du pauvre Ourm qui, comme tout bon dragon qui se respecte, séparait la Pensée, l'Amour et la Perpétuation de la Race ; il n'était jamais arrivé à concevoir comment ces trois domaines pouvaient être rassemblés en un seul.

Mais en celle-ci, c'était comme s'il la comprenait. Il comprit soudainement sa loquacité et le flots de ses pensées. Celle-ci était différente des Hommes. Elle ressemblait plutôt à ces quelques Elfes avec lesquels il avait pu échanger profondément. Mais les Elfes restaient mental et ne lui ouvrait pas leurs coeurs, comme s'ils se méfiaient toujours des dragons. Elle, non. Il comprit sa réaction : il avait un peu agi comme s'il avait soudainement rencontré une dragonne.

Il soupira. À chaque fois qu'il pensait aux siens, il se sentait très seul.

Il sursauta légèrement, voyant que l'inconnue se dirigeait vers lui. Cela ne lui était pas habituel, il était très rare que des personnes se rapprochent ainsi. Il interrompit sa respiration voyant qu'elle ne s'arrêtait pas, et sembla aussi figé que surpris quand elle toucha son visage d'un doigt.

Et, quand elle lui adressa la parole et parla de lui comme un dragon, il sembla tout penaud. Il se perdit en murmures embarrassés :


— Oh. Ahem, comment as-tu fait pour... Enfin, je veux dire... Moi ? C'est à dire...

Et la regarda de biais sans plus oser la regarder vraiment, tandis qu'elle semblait remettre ses idées en place. Lorsqu'elle s'excusa, il ne savait plus où se mettre.

— Oh mais non ! C'est moi... Et puis, si, si, je suis très jeune... Enfin, l'âge, chez nous, tu sais... Il y a le dragonnet et le dragon, mais à part ça...

Puis elle le réprimanda. Il avait la mine d'un enfant pris en flagrant délit de vol de confiture.

— Heu, oui. Enfin, non... Je ne parle pas d'habitude. Enfin, quand je parle, on ne me dévoile pas... Enfin, pas d'habitude... Je veux dire...

Il se redressa et tenta de se justifier avec plus de conviction :


— Mais je ne fais pas confiance à n'importe qui ! Je sais toujours à qui j'ai affaire ! C'est un don naturel ! Les Hommes pourraient aussi l'avoir s'ils ne brimaient pas toujours leur coeur. Le coeur ne ment pas ! Alors, il suffit d'aller le lui demander !

Il pencha la tête, pensif. Il avait envie de lui donner une confiance aveugle, mais ne savait pas vraiment si tout était bien clair pour lui. À trop vivre en solitaire, il ne savait plus vraiment quoi penser en telle compagnie.

En revanche, la révélation sur les Djinni sembla lui faire oublier ses doutes, et il parût très intéressé.


— Ooooh... Une djinna ! Oui j'ai déjà entendu une histoire ! Plusieurs histoires de djinni, et une histoire de djinna ! Elle racontait les aventures d'un homme qui aimait une djinna, et pour répondre à son désir égoïste, l'enfermait dans un flacon le jour, sur sa table de nuit, pour la ressortir à son bon plaisir. Un jour, un djinn vint à son secours et cassa le flacon, et la djinna libérée se vengea si rudement de son tortionnaire qu'il n'en resta que trois cendres. Mais le djinn redonna vie aux cendres et en fit l'esclave de la djinna, avec laquelle il s'apparia et eut plein de petits djinni. J'ai trouvé cela très amusant, même si je n'ai pas du tout compris pourquoi la djinna ne s'était pas révoltée durant ces années de servitude face à un maître dont les désirs lui faisaient horreur.

Il regarda la djinna avec un air rieur, mais celle-ci ne riait pas du tout. Gêné, il se fit tout petit. De plus, il ne s'en était pas rendu compte, mais il avait de nouveau bavardé et oublié la seconde tentative de la djinna pour savoir ce qu'il pouvait bien faire ici.

D'ailleurs, son désir de s'enfoncer dans les ruines lui fit froncer les sourcils, et il ajouta tout doucement :


— Mais ce temple... Ce temps est tout proche du deuxième cercle de garde... Pour ne pas dire... Enfin... Mais vous ne sentez pas ?
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Chiraz Abd'Al Tahar
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MessageSujet: Re: Il était un dragon... Prélude à une histoire draconienne   Lun 26 Avr - 10:49

Pour le coup Chiraz fut amusée. Ces hésitations lui rappelaient le chevalier de Florissant, mais cette fois-ci elle n'avait rien fait. Elle avait un don pour mettre dans l'embarras ou les personnes qu'elle rencontrait était extrêmement timide. Du monde, elle en avait vu. En public ça allait, il n'avait pas peur d'elle, comme si les autres autour d'eux était une protection sûre. Ils n'étaient qu'un peu confus. Une fois en tête à tête avec la jeune djinna, la situation était différente. C'était comme si, d'une certaine façon, elle les mettait à nu.

Le petit elfe était gêné, il ne cherchait pas à se cacher d'un masque de mensonges. A chaque remarques que la djinna avait faite, il répondait avec hésitation, comme si il perdait ses mots. Entre ses habitudes et cette Shereen, il y avait tout un gouffre apparament. Un gouffre immense qui les séparait l'un de l'autre, d'où le fait que le petit blond était destabilisé. D'un coup pourtant, il sembla reprendre sa force et son assurance :


« Mais je ne fais pas confiance à n'importe qui ! Je sais toujours à qui j'ai affaire ! C'est un don naturel ! Les Hommes pourraient aussi l'avoir s'ils ne brimaient pas toujours leur coeur. Le coeur ne ment pas ! Alors, il suffit d'aller le lui demander ! »

Shereen sourit à cette remarque, bien qu'elle soit de dos et qu'il ne puisse pas la voir. Au moins elle n'était pas n'importe qui, surtout il n'était pas qu'un adolescent fragile qui se contente de baisser la tête respectueusement. Ses apparences sont bien trompeuses ! La dernière phrase qu'il avait prononcée avait intéressée la djinna, qui revint à son raisonnement. Si, en les regardant dans les yeux et en agissant naturellement, les autres avaient peur de mettre leur coeur à nu ? Il est possible qu'inconsciement elle ait utilisé cette magie. Ou peut-être pas. Ce qui était embêtant pour Shereen, c'est que les gens ne cherchaient pas à la fuir, ils se contentaient de lui répondre, de détourner le regard, rire confusément, mais pas de la fuir.

Elle écouta de pleine oreille cette histoire sur les djinni. Elle était si simillaire à la sienne qu'elle s'était totalement identifiée à la captive. Par contre aucun djinn n'était venu la sauver, ce fut une épouse jalouse qui la délivra. Parfois il faut user de fourberies si on veut arriver à ses fins, du moins c'est ce que pensait Shereen. Il n'y a pas que des fins honnêtes, malheureusement. Elle avait essayé cette option ( avec un peu d'insolence ) mais cela n'avait pas marché.


« J'ai trouvé cela très amusant, même si je n'ai pas du tout compris pourquoi la djinna ne s'était pas révoltée durant ces années de servitude face à un maître dont les désirs lui faisaient horreur, conclut l'elfe d'un air amusé. »

Il ne put que rencontrer le regard froid et cette fois-ci fermé de la jeune femme. Elle ne se sentait pas en danger face au dragon, malgré que race fut la première à asservir les autres. Elle ne lui en voulait pas pour les erreurs de ses ancêtres. D'une voix un peu sèche elle répondit :

« Elle n'avait pas le choix, puis d'une voix plus posée, faussement peut-être pour diminuer sa propre haine : mais tout a une fin, et celle-ci est heureuse. »

Devait-elle ajouter que ceux qui esclavagisent les djinni se voit retourner des colères incroyables ? La plupart arrivent à se libérer et se vengent ensuite. Shereen, à l'encontre de sa rancune, ne s'était pas vengée. Pire encore : elle s'était transformée en bombe à retardement. Au moindre faux pas elle risquait d'exploser. Si à nouveau elle se retrouvait asservie, elle ne le supporterait pas. La claustrophobie et la peur de ne plus exister étaient les séquelles les plus apparentes mais qu'elle cachait assez bien. Toujous effrayée d'être à nouveau enfermée, elle n'expliqua pas pourquoi cette djinna ne s'était pas rebellée. La méfiance s'était rapidement placée.

« Mais ce temple... Ce temps est tout proche du deuxième cercle de garde... Pour ne pas dire... Enfin... Mais vous ne sentez pas ? »

A ces mots, la djinna ferma les yeux pour se concentrer. Jusqu'alors elle n'avait pas senti grand chose en effet, juste une vague présence qu'elle n'avait pas cherché à identifier. Maintenant, elle pouvait affirmer les dires du dragon. Passer à côté d'une telle magie était quand même assez grave ! C'est ce que venait de faire la djinna, trop inconsciente du danger. Il y avait bien un maléfice, très proche. Le premier cercle n'était qu'une mise en garde, le second était une offensive puissante qui ne laisserait rien passer. Un défi ? Elle ouvrit les yeux et répondit :

« J'ai même l'impression que le temple est dans le second cercle. Mais ce n'est pas si grave, si nous n'attaquons pas ce sera réciproque ? »

C'était si tentant d'y aller. Un truc si proche et interdit, à porter de main ! Il émanait une pâle lueur, tandis qu'autour des os desséchés jonchaient le sol. Le contraste ne l'effrayait pas pourtant, plus ça allait moins elle avait peur. La curiosité commençait peut-être à l'aveugler.

Fidèle à elle-même, elle ne put s'empêcher de demander une troisième fois :

« Pourquoi es-tu là ? »

Sachez que tant que ses questions n'ont pas de réponses, Shereen ne les oublie jamais. Elle ne savait pas pourquoi elle les répétait jusqu'à obtenir une réponse, c'était à force devenu naturel.
De plus, si elle insistait tant, c'est que cet être avait bien piqué sa curiosité. Pour la première fois - la seconde en réalité après Fafnir - elle avait l'occasion de parler avec un dragon. Elle se demandait quelle était leur magie, surtout que le déguisement de celui-ci était si fragile. Ce n'était pas pour tout les dragons qu'elle aurait cet intérêt, il serait peut-être le seul. Et puis, il fallait le reconnaître, elle avait de la sympathie pour lui.
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MessageSujet: Re: Il était un dragon... Prélude à une histoire draconienne   Lun 26 Avr - 15:33

L'échange était hésitant de son côté, fier du côté de la djinna. Pourtant, intérieurement, dansait un sentiment que l'apparence ne laissait pas transparaître. Le dragon lui faisait confiance, et elle, semblait prête à en faire de même. Ourm sentit pourtant que ce domaine là ne serait pas rien. Il ne savait pas pourquoi, mais la djinna semblait avoir été blessée en son être, et avoir ramené sa confiance à elle seule.

C'était très manifeste dans le regard que lui lança la jeune femme après l'histoire. Il y avait un secret qui touchait les Djinni, un secret grâce auquel il pourrait comprendre cette histoire, et elle, par la même occasion. Il était très clair que le jour où il pourrait lui poser cette question, il aurait obtenu une confiance particulièrement précieuse.

Il se contenta de murmurer :


— Tu sais... Mon savoir est, par tradition, oral. Je ne sais pas lire. Je n'en saurai donc jamais plus sur les Djinni... À moins que tu me le dises.

Quoi qu'il en soit, elle paraissait très intrépide, pour ne pas dire imprudente. Ourm ne connaissait pas la peur, il n'était donc ni lâche ni courageux, tout simplement sensé.

— Les êtres de la première garde ne m'attaqueront pas. Vous, je ne pense pas non plus : le Feu est intimidant pour eux. Encore que vous pâlissez à mesure que le soleil décline, ce qui m'inquiète un peu. Mais ensemble, de toute façon, ils nous laisseront tranquilles. Enfin, ils ne seront pas contents mais n'attaqueront pas de front. Peut-être indirectement. Ce n'est pas extraordinairement terrible, je pense. Mais oui, à l'intérieur de... cette chose, nous serons face aux êtres... à l'être... du dernier cercle gardien. Si l'un de nous a, ne serait-ce qu'un simple désir de pillage, ce sera considéré comme une attaque... Et nous n'aurons ni le temps de fuir, ni la force de nous défendre. Et s'il y a malgré tout un moyen de vaincre, il vaut mieux ne pas risquer sa vie sur une hypothèse. D'autant que nous serions probablement marqués à vie par ce combat. Ce qui serait particulièrement stupide, pour un simple assouvissement d'une curiosité passagère...

C'est à ce moment que la djinna le regarda dans les yeux et posa une question très distincte qu'il ne put éclipser.

— C'est une si longue histoire... répondit-il d'un air rêveur.

Puis, souriant :

— Je cherche... Je cherche de nouveaux paysages, de nouvelles sagesses, de nouvelles rencontres. Je cherche à payer la dette d'une lourde hérédité. Je cherche à me trouver moi-même. Je cherche, jusqu'à trouver la dernière chose... Ma fin. Et je prie, je prie pour que cette fin soit à la mesure de ma vie et me permette de partir en paix, heureux d'avoir répondu à mes quêtes et à mes espoirs.

La djinna ne semblait pas franchement rassasiée. Il lui sourit à nouveau.

— Mon histoire n'est pas paisible. Car l'Histoire ne l'a pas été. J'ai aidé les Elfes durant ce que vous appelez l'Age du Chaos. J'ai pris forme draconienne dans la forêt même d'Eliandre pour débarrasser les Elfes d'un... De l'un des monstres de cette époque. Un "Favori" du dieu guerrier de l'ancien monde. Cela m'a fait beaucoup de bien : j'ai vu qu'il y avait bien plus affreux que les pires de ma race qui aient jamais existés. Et puis, j'ai payé une partie de la dette de ma race à l'égard des habitants d'Eliandre. Le problème, c'est qu'ils se sont disputés, entre ceux qui me témoignaient de la gratitude, et ceux qui disaient que j'avais violé leur sanctuaire. Je les ai quittés pour ne pas envenimer les choses. Je me suis retiré dans une grotte près d'une cascade. J'y ai passé de merveilleux moments de ma vie. Je parlais de Savoir et de Magie avec certains elfes, et je nageais à la cascade avec de jeunes et gracieuses elfes qui appréciaient ma nature malgré les torts de mes aïeux. Il parait que c'est très agréable de ne pas avoir besoin d'être pudique avec moi !

Il rit.

— Tu sais, j'ai mis deux cent cinquante ans à prendre cette habitude bizarre de se vêtir ! Quelle drôle d'idée. Vous avez froid, vous autres. Je ne connais pas cette sensation. Mais j'ai dû apprendre à préserver les... Comment disaient-ils, déjà ? Ah oui ! À préserver l'honorabilité des moeurs. Quoi qu'il en soit, je me suis désormais vêtu.

Cependant, vêtu était un terme presque inapproprié en l'état actuel des choses, même si la djinna ne le contredit pas. Il portait un simple tissu gris-blanc troué en plusieurs endroits, et seule une bague sertie d'une énorme pierre rouge démentait qu'il ne fût qu'un mendiant.

— Et puis un jour, on m'a rapporté que les terres étaient pacifiées, enfin, à peu près. Toujours est-il que nous sommes entrés dans le soit disant Âge Tiléen.

Il regarda la djinna. Elle l'écoutait et ne semblait pas s'ennuyer ; il continua donc.

— Quels prétentieux ! Donner son nom à un Âge !

Il était visiblement vexé. Il faut dire que l'Âge des Dragons, ça avait été baptisé l'Âge de Mort.

— Une période certes très riche, où mes voyages m'ont énormément apporté. Mais quelle bizarrerie que la nature humaine ! Les Tiléens bâtirent un empire indestructible tant qu'ils se battaient... Mais quand ils voulurent se reposer, au lieu de se renforcer (ce que j'aurais cru), ils minèrent leur propre réussite. Il y eut finalement toutes sortes de guerres très stupides. Je me suis encore retiré dans un petit coin du royaume éliandrais, sous la protection de quelques elfes appréciables. Dont des forgerons qui appréciaient certains de mes... talents. Mais, quand je parle du royaume éliandrais... ! Pire que les tiléens, d'une certaine façon ! Quelle affaire ! Je les ai laissés à leurs histoires, et les quelques elfes avec moi firent de même. Nous n'étions pas inquiétés, car les maîtres forgerons de cet endroit étaient éminemment respectés et indispensables.

Il soupira.

— Il s'est avéré pourtant que les choses allaient vraiment de mal en pis. Et on se plaint de l'Âge des Dragons ! Peuh. Les choses allaient moins mal de notre temps, quoique nous ayons eu des Rachacx désolants. Bref. C'était la fin de tout, semblait-il. Je suis donc parti prêter main forte aux derniers défenseurs, luttant contre une abominable et totale invasion de mort-vivants et de vampires. Je ne pensais pas que j'allais y survivre, mais de toute façon je ne voulais pas vivre dans un monde qui fut entièrement dominé par ces infernales engeances.

Haussant alors les épaules :

— Je pris l'apparence d'un colosse. Je ressemblais assez à un arrière grand oncle, qui doit être en train d'errer quelque part à l'heure qu'il est. Je m'engageais dans les forces d'un des derniers endroits à briller encore un peu, au Cygne. Il faut dire que j'étais très, très en colère. J'ai pleuré plus qu'en toute ma vie en voyant ce que les Vampires et leurs engeances faisaient... Je n'ai jamais manié d'armes, mais dans les batailles, ces infectes créatures, je les écrasais. On m'avait appelé Grimfalst le Barbare !

Il leva les yeux, l'air de soupirer au ciel.

— Cela se passait il y a plus de trois-cent ans. Je ne suis pas mort, et nous n'avons pas perdu. Pfiou ! J'ai été content de redevenir plus subtil. Le corps des elfes me convient très bien. Je n'ai vraiment pas envie d'en changer !

Il la regarda d'un air rieur. Il y avait quelque chose de très drôle à l'imaginer écraser de terrifiants mort-vivants, avec son apparence délicate de grand adolescent elfe aux doux traits, caché par sa longue chevelure blonde.

Il se rapprocha alors d'elle, lui prit la main et s'agenouilla.

— Mon nom de baptême est imprononçable. J'eus de nombreux noms parmi les elfes et les humains, mais le dernier en date est Ourm. Et vous, gente Dame, daignerez-vous me dire votre nom ?

Le vouvoiement était naturellement revenu aux accents respectueux de sa voix. Mais son regard brillait, et il rajouta avec chaleur :

— Je n'ai pas raconté cette histoire depuis huit siècles ! Cela m'a fait un grand plaisir ! J'espère que je ne vous ai pas ennuyée.

Il se releva et plongea à nouveau dans son regard. Elle était très touchante, forte et fragile à la fois. Comme, de son côté, sa propre force était contenue dans la fragilité de sa frêle apparence. Mais le plus beau don de cette jeune femme était son regard profond et brillant, presque triste derrière une très grande flamme et vigueur – il ne regrettait donc en aucune façon qu'elle fut encore voilée, et qu'il ne connaisse d'elle que son regard. De toute façon, pour un dragon, l'apparence n'était pas grand chose, et seul comptait l'âme et le coeur, ainsi que le regard qui pouvait les dévoiler.
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Chiraz Abd'Al Tahar
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MessageSujet: Re: Il était un dragon... Prélude à une histoire draconienne   Mar 27 Avr - 18:22

Shereen était un peu comme cette ville fantôme, avec deux cercles de gardes. L'elfe avait pu entrer dans le premier sans trop de peine car il n'avait qu'une fonction préventive, presque insignifiante. Il y avait bien un aura de méfiance mais elle n'était pas un obstacle suffisament palpable pour empêcher d'entrer. Le second cercle par contre était barricadé, gardé par un mental de fer insurmontable. I ne alait pas avoir ne serait-ce qu'une petite envie de savoir le secret qu'il garde pour perdre toute la confiance - assez peu - qui avait été fournier au ompte-goutte. En deux secondes, avec une simple réplique, l'inconnu avait tout perdu.

« Tu sais... Mon savoir est, par tradition, oral. Je ne sais pas lire. Je n'en saurai donc jamais plus sur les Djinni... À moins que tu me le dises. »

En guise de réponse Shereen avait simplement gardé le silence et détourné le regard vers les cieux, teinté de bleu, de rose et d'or. L'elfe l'avait évidement comprise bien avant qu'il ait parlé. Il passa à autre chose, répondant à l'autre question qu'elle avait posée.

La djinna fut embêtée lorsque l'elfe remarqua sa pâleur naissante. Elle ne le montra pas mais cela signifiait beaucoup pour elle : qu'elle avait été sotte de ne pas être venue plus tôt ! Lorsqu'elle rentrera, elle aura plus de mal qu'à l'allée à présent. Enfin soit, elle trouverait une solution, ce n'est pas ce qui lui manque, même dans le désert. Elle renonça à l'idée d'aller chercher le trésor lorsque l'inconnu fit remarquer qu'un tout petit désir de vol pouvait être fatal. Au fond elle savait que ce désir était en elle, si lui sortirait intact de la ville, elle finira comme les précédents visiteurs, un tas d'os amorphe qui n'a même pas eu le temps de voir ce qui était caché.


« Je reviendrai alors quand mes idées seront plus nettes. Ce serait un risque inutile d'y aller maintenant. . . »

C'est dingue quand même, ce qu'elle avait envie d'y aller ! Elle s'açait toute seule de vouloir pénétrer un lieu qui causerait sa mort. Pouruoi ne désirait-elle pas cueillir des fleurs, chanter au clair de lune. . . non, il fallait qu'elle préfère les trésors maudits très bien gardés par on ne quels monstres ou esprits. . . Un reproche qu'on luifaisait souvent d'ailleurs était d'avoir envie de choses insensée. Heureusement, elle n'était pas toutes inaccessibles et ces cas était rarissime, mais il fallait que ça arrive de temps à autre.

Une autre question attendait une réponse, et cette fois-ci elle l'auait. Après avoir répété plusieurs fois la même, ça allait bien attirer l'attention du dragon ! Il prit à cet instant un air songeur, comme celui qu'il avait la première fois qu'elle le vit.


« C'est une si longue histoire... »

Il continua, un sourire aux lèvres, relatant premièrement l'objet de sa vie. En quelques phrases il avait résumé son but jusqu'à évoquer sa fin. Pareillement à la djinna il se cherchait sans se trouver, contrairement à elle il se cherchait en partie à travers les autres si elle avait bien comprit. Ce n'était quand même pas suffisant, trop énigmatique en plus, bien à l'image de cette frêle créature perdue dans le désert, du moins en apparence.

Le petit blond avait d'abord fait partie de la résistance anti-dragons et avait obtenu la reconnaissance du peuple elfique en combattant un Favori. C'étaient les pires créatures au mondes, en avoir battu un était très impressionnant. Attentive, Shereen écoutait les paroles de l'étranger, de plus en plus intriguée. Elle rit aussi quand il parla de sa "pudeur", scène presque similaire à sa venue au harem du vizir. Prendre deux siècles et demi pour s'habituer à vivre habillé était considérable, compréhensible malgré tout dans le cas d'un dragon. Elle avait à peine fait attention à sa tenue linéaire, mantenant qu'elle s'en rendait compte elle ne se demanderait pas pourquoi si peu de tissus le couvres. Cela ajoutait encore plus de fragilité au physique de l'elfe.

Il lui fit part de son outrance, indigné qu'un peuple aussi puissant que le sien n'ai pas eu son nom alors qu'un peuple ( pourtant très fort ) avait réussit à en avoir un dans l'histoire. Puis il releva les défauts des tiléens et des éliandrais. Lorsqu'il aborda le peuple draconnien, elle se demanda comment des êtres aussi intelligents et forts puissent offrir une vie meilleure. Certes, à ceux de leur race, c'était possible, mais les autres, non. Pour la majorité du monde, ce n'était pas le cas. Au moins les dragons étaient solidaires face aux autres.

L'elfe avait l'air si pacifique ! Qui aurait cru qu'il avait plus ou moins contribué à tant de guerres ? Pire encore : qu'il avait été un dangereux barabare à la carrure aussi imposante que sa réputation ? Shereen ne l'aurait jamais pensé si il ne lui avait pas dit. Il était là, en face d'elle, si faible d'allure, si fragile dans l'immensité du désert. . . Comment cela se pouvait-il ?

L'inconnu vint vers elle, s'agenouillant, puis avec délicatesse il saisit la main de la djinna afin de se présenter. Son nom, aussi court et simple soit-il, était aussi compliqué que l'être qui le portait. Ce n'était que la face visible d'un iceberg plein de surprises qui ne cesseront d'intriguer ceux qu'il rencontrera. C'était au tour de la jeune djinna de se présenter. Si il ne l'avait pas fait, il y a peu de chance que ce soit-elle qui y aurait pensé.


« Shereen Bent Ehsan, répondit-elle. Tu peux m'appeler Shereen. »

Déjà qu'il s'était remis à la vouvoyer, il pouvait au moins l'appeler par son prénom, bien qu'habituellement la jeune femme appelle les autres par leurs noms de famille. Il n'y a rien de méchant ou d'impoli dans cette façon de faire, juste une façon pour elle de délimiter les rapports qu'elle entretient.

« Tu ne m'as pas ennuyée, ton histoire est captivante. Je la raconterai peut-être si l'occasion se présente. »

Il ne suffirait que de d'enjoliver un peu par-ci par-là pour faire une belle histoire à transmettre. A leurs tours d'autres conteurs iraient faire le récit d'Ourm, et ainsi de suite. Les contes commencent souvent par un brin de réalité. Shereen n'aurait jamais imaginé qu'en une seule rencontre elle serait ressortie aussi pleine, surtout si vite. Les dieux l'avaient-ils protégée ? Etait-ce un signe ? Il faut bien reconnaître que si Ourm n'avait pas été là, elle serait peut-être en train de mourir dans le joli temple à l'heure qu'il est.

« Merci d'avoir partager ton histoire avec moi. »

Shereen n'en ferait pas autant par contre. Peut-être qu'un jour si, mais pas de suite. Elle n'aimait pas sa propre histoire et parfois son esprit se brouillait. Un des nombreux soucis psychologique qui l'habitait. Elle voulait oublier son passé sans le vouloir en même temps.

« Il se fait tard, je vais commencer à rentrer et revenir ici une autre fois. Tu viens avec moi ? »

Elle attendit une réponse avant de descendre les marches, rejoignant la chaleureuse ville de Tal'Shek. Les premières étoiles scintillaient timidement dans le ciel presque obscur pendant que le froid envahissait lentement le désert. La djinna était assez contente d'avoir rencontrer quelqu'un d'aussi intéressant que ce dragon et ne regrettait pas de le connaître.

« Je pense que tu te plairas à Kaliorn, dit-elle en souriant, bien que cela ne soit pas visible. »
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MessageSujet: Re: Il était un dragon... Prélude à une histoire draconienne   Mer 28 Avr - 7:21

Le dragon sourit en entendant son nom, et le répéta d'un air songeur. Puis la djinna lui proposa de chanter son histoire.

— Ce serait un honneur, murmura-t-il. Mais mon histoire n'est pas plus exceptionnelle que celle de la plupart des dragons. C'est facile quand on vit longtemps... Moi, je suis plutôt impressionné par les faits remarquables que des humains peuvent accomplir en seulement un quart de siècle. En revanche, ne faites pas mention de mon nom ! Si quelqu'un faisait le parallèle, cela pourrait mal aller pour moi ! Cela passe peut-être pour ceux d'ici que vous soyez une Djinna, mais de grâce, ne les laissez pas se douter que je suis un Dragon.

Il était content. Il avait eu peu l'occasion de rencontrer d'auditoire aussi intéressé, ni aussi proche de certains de ses sentiments. Il n'avait simplement pas su réprimer un sourire en sentant l'approbation de la djinna sur l'inconsistance de la pudeur, alors qu'elle portait tellement de tissus. Ourm aurait pu se vêtir avec la seule étoffe qui habillait sa tête.

— Il se peut que mon combat avec ce monstre dans la forêt d'Éliandre soit digne de chanson : il a duré deux jours. Mais il n'était en possession que d'armes frustes et barbares, et moi j'avais mon souffle de dragon. Je ne sais pas si tous ceux de sa race sont aussi endurants, ou s'il était puissant parmi eux, mais je ne voudrais pas avoir à me battre à nouveau contre un de ceux-là. Il n'a pas fait coulé mon sang, mais j'ai mis des mois à me remettre de contusions diverses. Presque un an et demi, et encore, soigné par les elfes. Les armes contondantes, à défaut des armes antiques de la guerre de l'Aube, sont les meilleures pour venir à bout d'un dragon comme moi.

Il la regarda avec une grimace

— ça fait mal, rajouta-t-il d'un air penaud, comme un chat mordu par un lézard qu'il ne croyait pas si coriace. C'est petit, mais....

La djinna avait semblé être ennuyée par sa remarque sur sa pâleur. Il y revînt.

— Quoi qu'il en soit, si vous avez besoin d'être revigorée, faites-moi signe ! Vous avez brillé pendant un quart d'heure quand je vous ai soufflé dessus !

Il sourit joyeusement. À priori, la compagnie de la djinna le rendait très gai. Il rajouta sur la même lancée, à la grande surprise de celle-ci :

— Je sens bien que vous avez envie d'y aller ! Allez, vous n'allez pas vous morfondre toute la semaine pour ne pas avoir fait ce pas ! Bien sûr, il ne faut pas agir sans mûre réflexion.

Il la pointa du doigt.

— Vous pourriez être...


Il fit semblant de tousser, et se reprit :

— Tu pourrais être la protection du premier, et moi celle du deuxième.

Elle n'avait visiblement rien compris. Il s'expliqua davantage.

— Si tu veux vraiment y aller, allons-y. Je vais prendre corps subtil, et laisser mon enveloppe charnelle ici. Tu sais faire de la magie ? Il y en a, en toi. Ce serait gentil d'invoquer pour mon corps une protection, si je le laisse sans défense. Car s'il était tué, je meurs, et ça m'ennuierais.

Il laissa couler une petite pause, puis reprit.


— Dans la réalité subtile, je vais pouvoir entrer en toi, si tu me laisses faire. Nous serons alors tous les deux en un seul. De cette manière nous passerons sans soucis les premiers gardiens. Et je te couvrirai pour le deuxième, de façon à ne pas le réveiller. Mais attention ! Juste pour regarder. Si tu touchais à quelque chose, ce serait probablement dramatique. Il faut donc être certains que tu ne toucheras à rien sinon avec tes yeux...

La djinna, qui s'était apprêtée à partir et avait déjà commencé à descende les marches, s'était immobilisée.

— Après, je vous... hem... je te suivrai à Kaliorn, si tu veux bien de ma compagnie. Mais s'il y a trop de monde, je risque fort de te quitter avant longtemps. D'autant que je voyage sans cesse, je n'aime pas m'arrêter longtemps à un endroit, à moins qu'il n'y ait une quête précise à réaliser.

Généralement, quand Ourm ne tutoyait pas, c'est qu'il était intimidé. On ne se rendait jamais compte qu'il était timide car il ne le faisait pas paraître. Mais il semblait avoir décidé de se reprendre.
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Chiraz Abd'Al Tahar
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MessageSujet: Re: Il était un dragon... Prélude à une histoire draconienne   Ven 30 Avr - 21:21

L'elfe aux airs craintifs demanda l'anonymat, une chose évidente pour Shereen. Elle ne voulait pas être complice dans la protection d'un dragon aussi gentil soit-il, puis ça ne l'anvancerait à rien d'apporter des embêtements à quelqu'un qui ne lui avait rien fait.

« Je suis conteuse, répondit-elle d'un ton souriant. L'imagination ne me pose aucun problème. . . on entends pas beaucoup d'histoire sur la résistance draconienne, même aucune. Ca plaira peut-être à mes auditeurs. »

Pour sûr ! Si on crachait encore sur les dragons de nos jours, Shereen relèverait le défit d'inverser cette tendance au moins quelques instants, pour qu'ensuite la rancune et l'hypocrisie regagne l'esprit des gens. Ce n'est pas un conte qui changera éternellement les avis malheureusement, une alliance n'avait pas suffit. Elle mémorisa les derniers détails que lui donna le dragon, prêtant à peine attention à sa douleur. Il semblait souffrir mais cela n'amadoua pas la djinna. Si quelque chose devait la toucher un jour, on se demande bien ce que cela pourrait être. Quand il lui proposa de la soutenir par son souffle, elle ne pensa même pas à lui rendre un peu de compassion sur la blessure qu'il avait reçut, cela ne lui effleura même pas l'esprit, par contre elle n'était pas totalement ingrate.

« Merci, répondit-elle. Mais c'est de ma faute, j'aurai du prendre mes précautions plus tôt. »

Lorsque l'on a une âme sensible et qu'on pense qu'on a rien sans rien, il faut éviter Shereen ou changer d'avis, complètement. Quand elle donne, c'est sans compter, quand elle reçoit elle ne rend pas ou alors elle le fait sans le savoir. Elle était quand même contente de voir la bonne humeur du blondinet et l'entrain qu'il communiquait par ces paroles. Elle ne lui répondit pas tout de suite car il l'avait fait hésiter. Les risques à prendre étaient assez conséquents, mais pourquoi pas ? Il la désigna, en la vouvoyant premièrement, avant de s'interrompre par une toux imaginée puis de reprendre en la toutoyant.

« Tu pourrais être la protection du premier, et moi celle du deuxième. »

Perplexe, elle le regarda en attendant davantages d'explications. Elle comprenait bien l'idée de protection mutuelle, sans plus. . . Il apporta d'autres éléments plus explicatifs. Ce qui serait difficile ce serait l'invocation. Shereen n'en avait pas souvent fait, de plus elle ne s'entraînait plus depuis longtemps, favorisant les armes.

« Je ne pratique pas souvent la magie. . . je ne sais pas si j'y arriverai. . . »

Elle le laissa poursuivre, regardant l'elfe qui semblait être son cadet. Les termes qu'il employait lui rappelait de vagues souvenirs. Un après-midi chauffé par la canicule, un professeur essayait au mieux de faire rentrer les leçons dans le tête de la petite Chiraz qui était intenable sur sa chaise. Il faisait s chaud et les enfants des domestiques jouaients dehors pendant qu'elle était forcée à écouter ces trucs sur les différences du charnel et du subtile. . . Elle aurait du l'écouter. Le souvenir s'en alla aussi vite qu'il était survenu, surtout qu'elle devait se concentrer sur son prochain objectif.

« Après, je vous... hem... je te suivrai à Kaliorn, si tu veux bien de ma compagnie. Mais s'il y a trop de monde, je risque fort de te quitter avant longtemps. D'autant que je voyage sans cesse, je n'aime pas m'arrêter longtemps à un endroit, à moins qu'il n'y ait une quête précise à réaliser.
- Il y a beaucoup de monde surtout à Tal'Shek puisque c'est la capitale, mais le temps que tu resteras, que ce soit un ou trente jours, tu pourras loger chez moi à titre d'invité, proposa-t-elle. Nous en reparlerons plus tard, c'est le sanctuaire qui nous intéresse. »


Enjouée, elle chercha dans un premier temps à se calmer et se concentrer. Ses yeux étaient clos et ses bras étaient légèrements écartés, les paumes des mains vers le ciel afin de favoriser l'accès de l'énergie. Les sens du toucher, de l'odorat et de l'ouïe étaient amplifiés, ainsi elle sentait le moinde grain de poussière caresser ce qui n'était pas couvert par les kilomètres de tissus, le sable avait même une odeur. A un moment, une brûlure s'introduisit dans les mains de la djinna, une brûlure que même les djinni peuvent sentir. Celle-ci remonta dans ses bras jusqu'à envahir chacun de ses membres, faisant luire légèrement tout son être.

« Que s'élève mon appel par delà les frontières ! Qu'un protecteur me vienne en aide, qu'il quitte le lieu où il est et accepte ma requête ! »

La voix de Shereen avait été forte sans pour autant qu'elle crie. Apparement quelqu'un l'avait entendu. . . une lumière s'extirpa de la djinna et s'éteignit. Raté. . . finalement, rien ne venait. . . malgré qu'elle soit voilée, il était indéniable que la jeune femme soit dépitée. . . A l'encontre de toute attente, un rugissement se fit entendre, puissant et impressionnant. Shereen, qui avait la tête baissée, la releva aussitôt. Toujours rien. Comment pouvait-on rater aussi bien ? Sauf si elle avait réussit. . . un vent violent souffla, soulevent le sable et les vêtements, forçant donc les voyageurs à se couvrir. Shereen resserra son écharpe sur son visage tout en fermant les yeux. Lorsqu'enfin le vent s'arrêta et fit retomber les grains de sable, un lion se tenait face à elle. Il était imposant par sa taille surdimensionnée, d'un coup de gueule il pouvait arrêr la tête de la djinna, mais il demeurait en face d'elle, silencieux. Il devait bien faire 1m60 de hauteur sans sa crinière ! Quand enfin Shereen comprit, elle prit la parole :

« Merci d'avoir répondu à mon appel. »

Le lion la regardait toujours sans cligner des yeux. Ses prunnelles étaient de la même couleur que celles de la jeune femme.

« Pourras-tu garder son corps quand nous partirons ? »

L'énorme félin ne dit rien, il s'en alla un peu plus loin pour s'allonger, observant avec attention tout ce qui les entourrait. Shereen se tourna vers Ourm, fière mais épuisée.

« J'ai perdu beaucoup d'énergie, je doute pouvoir tenir sans chaleur, mais il est trop tard pour reculer. Tu peux rentrer, j'ouvrirai mon esprit à ton corps subtile. »

Elle attendait alors que l'elfe enfantin quitte son corps pour rejoindre le siens. Ce n'était pas évident de partager un corps pour deux, mais si la volonté est là c'est loin d'être impossible.
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Ourm

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MessageSujet: Re: Il était un dragon... Prélude à une histoire draconienne   Sam 1 Mai - 9:06

— Tu es conteuse... ! répéta le dragon.

Il semblait ravi.

— Chez les Dragons, le savoir se transmet essentiellement par les Conteurs. Ce sont les Maîtres du Savoir. Si je n'avais pas été un prince...

Il buta sur ce mot et fit une petite moue, l'air de penser qu'il avait dit une bêtise.

— ...j'aurais adoré être un Conteur. Les Conteurs ne sont pas des guerriers, mais quoi qu'on pourrait penser, ils sont du plus haut rang derrière le Rachacx et sa famille, enfin, ils étaient, du temps de l'Âge des Dragons.

Il sourit.

— Ce serait pour moi un honneur de participer à l'âme de vos récits, Conteuse.

Il semblait soudainement plus proche de la djinna, et rêveur face à cette révélation sur sa charge de conteuse. Shereen aurait pu dire qu'elle était une Reine, cela n'aurait pas touché Ourm outre mesure. Mais conteuse...

Comme il l'avait prévu, la djinna n'eut pas besoin d'être convaincue de changer d'avis pour la direction. Au contraire : sans même l'approuver, elle fit tout-à-coup comme s'il avait toujours été question de pénétrer au coeur de ces ruines secrètes.

Une simple petite parenthèse salua le projet suivant de repartir tous deux pour Tal'Shek. Cela plut beaucoup à Ourm, une sagesse de dragon ne recommandait-elle pas cette manière de vaincre l'obstacle en pensée avant de l'affronter ?


— Pense au retour avant le voyage sans retour, et cette pensée te reconduira aux tiens. Shereen, c'est une sagesse de dragon, un conseil de Dragon-Conteur. Quand nous reviendrons de cette exploration qui m'appelle moi aussi, je te suivrai donc en tant que ton invité. Je te remercie !

La djinna était excitée, et bien qu'elle eût ouvertement fait part de son doute face à la réussite du sort qu'il lui avait demandé, il n'avait aucun doute sur cela. Il savait prévoir ce genre de chose. La djinna était toute entière sur ce projet, elle le voulait si intensément qu'elle ne pouvait laisser un sort lui échapper ainsi.

Le regard du dragon perça l'énergie qui répondit à l'invocation, une énergie qui prenait toute la mesure de l'environnement et de la nature de l'invocatrice pour choisir sa forme d'expression. Ourm savait qu'il allait avoir un aperçu concret de qui était vraiment Shereen, car la conscience de cette magie suivrait le miroir de son coeur. Il savait cependant déjà que ce ne serait ni un scorpion géant, ni un vampire-scolopendre, ni une araignée d'effroi brisant, ni tout autre monstre peu attirant à caresser.

Pour autant, il fut tout de même impressionné. Il assista à la naissance d'un lion de la taille d'un cheval, dont les pupilles avaient pris la couleur exacte de Shereen. La beauté de cet être était captivante. Il reprit toutefois soudainement ses esprits en se rendant compte de la pâleur de la djinna.

— Oh, pardon. Oui, je me dépêche. Ma présence en toi te rendra de la force.

Il salua respectueusement le lion et s'assit en tailleur, dos contre le muret ruiné. Il ferma les yeux, et parut de plus en plus distant. Enfin il ne réagit plus du tout ; même sa respiration était devenue imperceptible. Le lion se rapprocha et le corps d'Ourm fut partiellement recouvert de sa dense et longue crinière.

Il n'y eut aucun vent, aucun signe, aucun son, comme si le dragon s'était trompé de plan d'incarnation. Pourtant, Shereen ressentit soudain la présence d'Ourm tout autour d'elle comme s'il avait soudainement pris tout l'espace de la tour. Puis cette impression se rétrécit, se rétrécit, jusqu'à ce qu'Ourm se sente à une taille convenable. Il faut dire qu'il était maintenant sous sa forme véritable, et que s'il avait voulu entrer en Shereen sans attendre, il n'aurait pas pu faire entrer la moitié de son bras.

Une chaleur grandit au fur et à mesure en Shereen, et elle se sentit bientôt aussi revigorée que sous un soleil zénithal. Elle se sentait nettement plus grande aussi. En vérité, le corps subtil du dragon dépassait nettement de ses formes : de grandes cornes et un museau pointu sur le dessus, de grandes ailes repliées sur ses flancs, et une longue queue hérissée d'écailles pointues qui traînait en arrière.

Une voix résonna soudain en elle.


— Il fait bien chaud, ici. Heu, avant de partir vraiment, faites quelques pas dans le sable pour vous entraîner à vous habituer. Il y a un petit fondement rebelle, en vous, qui n'est pas du tout content. Ce n'est pas confortable, j'ai l'impression d'avoir une épée au dessus de la tête.

À priori, connaître la djinna de l'intérieur l'avait fait sérieusement reprendre le vouvoiement. Il en sortit vivement en définitive, et la voix lui parvint cette fois-ci de l'extérieur.

— Pfou ! Hem. Changeons un peu nos plans. Je vais me faire tout petit et grimper sur votre épaule. Je pense que ça ira mieux.

Une chaleur diffuse grandit alors au creux de son cou.

— Heureusement que je ne suis pas physique, ça me vexerait fort de ressembler visiblement à un lézard, à cette taille. La première épreuve est pour toi. Mais ouvre-toi à moi dès l'entrée dans le Sanctuaire, car c'est seulement si je suis en toi que je pourrais jouer d'une technique de dissimulation subtile efficace. Et rappelle-toi : ma force de dissimulation ne pourra pas être dévoilée tant que tu te tiendras tranquille, mais tout sera irrévocablement détruit si tu touches physiquement à des objets liés à la puissance gardienne. Ne fais donc pas de bêtises.
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Chiraz Abd'Al Tahar
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MessageSujet: Re: Il était un dragon... Prélude à une histoire draconienne   Mer 5 Mai - 21:17

Ourm semblait accprder un respect particulier aux conteurs, c'était une chose mérité. Quand on voit la place importante que ceux-ci ont dans le peuple dragon on ne peut qu'adhérer à l'idée. Cette notoriété s'était petit à petit dégradée de nos jours Bien que l'on ait un respect pour ces savants des légendes, on les voyait avant tout comme des personnes destinées à divertir. Shereen n'était pas ignorante, loin de là. Son instruction fut si vaste et ce sont les seuls restes entiers de son passé. Les contes en revanche avaient une place chère à son coeur. . . que ceux qui n'y croient pas ne tentent pas de la convaincre. Elle avait toujours été certaine qu'il y avait un fond de vérité plus large qu'on ne puisse l'imaginer.

Le fait qu'Ourm ait été un prince dragon n'affecta pas le jugement de Shereen. Elle voyait toujours un jeune homme timide, pas du tout couard mais pacifiste.

« Ce serait pour moi un honneur de participer à l'âme de vos récits, Conteuse. »

Certains prétendent que Shereen est vaniteuse, qu'au moinde compliment elle se gonffle de fierté. Elle fut en ce moment flattée mais très gênée : serait-elle à la hauteur ? L'éternelle question qu'elle se pose, toujours présente et qui ne veut la quitter. Même quand elle parvient à ses objectifs, le résultat ne lui plaît jamais complètement. On la confond à cause de sa fierté, qui est une toute autre chose.

« Pense au retour avant le voyage sans retour, et cette pensée te reconduira aux tiens. Shereen, c'est une sagesse de dragon, un conseil de Dragon-Conteur. Quand nous reviendrons de cette exploration qui m'appelle moi aussi, je te suivrai donc en tant que ton invité. Je te remercie ! »

Elle n'avait pas tout de suite compris ce qu'il voulait dire, mais lorsque ce fut le cas elle se demanda si vraiment elle voulait revoir les siens. Elle n'avait personne après tout, c'était plutôt les autres qui l'aveint. Non, même en ce sens c'est une erreur de le dire. Elle n'a personne et n'est à personne. A quoi cela servirait-il à par la rallentir ? Mais la rallentir de quoi ? Se sentant entrer dans des questions trop confuses elle reporta son attention sur l'elfe aux yeux d'or.

Après l'invocation, c'était à lui d'agir. Il salua d'abord le fauve qui restait aussi impassible avant de s'assoir en tailleur sur le sol. Le lion se plaça de façon à le protéger puis Ourm se concentra. Elle avait l'impression qu'il s'en allait, loin. . . aucun signe magique ne le disait, mais on pouvait sentir une puissance draconienne s'en aller. Ensuite ce fut phénoménal pour la djinna. Tout autour d'elle elle sentait une présence si grande, si forte qu'elle ne pouvait pas la mesurer, avant de diminuer petit à petit.

Comme il s'agissait de la première fois la djinna ne s'attendait pas à recevoir un corps subtil aussi fort en elle. Sans le vouloir une partie d'elle restait verrouillée. Pour l'instant elle se sentait plus forte qu'une armée de Marids et si bien. . . elle soupira d'aise et s'étira longuement pour laisser la chaleur se diffuser encore mieux, bien qu'elle soit totalement présente en elle. Sa taille aussi semblait avoir changée. Soudain, elle entendit la voix d'Ourm l'avertissant des quelques soucis qu'elle lui causait.


« Pardonne-moi, je ne savais pas que ce serait aussi difficile. . . »

Le dragon préféra se lover autour de son coup, sous une forme plus petite. Une dernière prévention - inutile - fut prononcée, tandis que la djinna regardait le corps inerte de l'elfe.

« Ton visage est empreint d'une tranquilité si paisible. . . on ne peut dire si tu rêves ou si tu es mort. »

Ils prirent finalement la route. Avec Ourm, même si son format était rétréci, elle se sentait réellement forte. Les deux compagnons quittèrent la tour en ruine, laissant le lion et l'enveloppe charnelle seuls. La djinna marchait la tête en l'air, observant le ciel parsemé d'étincelles.

« Le désert est si beau la nuit. . . »

Elle partageait un avis qu'elle ne donnait pas à tout le monde. Nicolaï y avait eu droit et à part Rameen, ils étaient les seuls à savoir. Ce n'était qu'une chose anodine pour tant de monde, mais elle ne partageait pas tout et n'importe quoi. En sachant ce qu'était ce panorama à ses yeux, on pouvait avoir un faible apperçu de sa personalité. Encore un égoïsme au sujet de son caractère.

Les quelques fondations encore debout étaient rares, seuls quelques bribes demeuraient éparses aux quatre coin de la ville. Un cavalier sortit de nulle part galopa dans leur direction sans rallentir, un sabre dégainé.


« Mais qu'est-ce que. . . »

Shereen commença à se braquer se rappelant que cela n'avait pas d'utilité. Aujourd'hui, elle pourrait vérifier quelque chose. Elle resta immobile, attendant que lui soit porté le coup fatal. . . l'épée levée, elle s'abaissa sur le coup de la djinna. Ourm pouvait lui aussi sentir la lame froide et un rapide déchirement des tissus, ensuite le cavalier disparut dans les mystères des sables.

« Il y a très longtemps l'histoire de Noublich m'a été reportée. Malheureusement, la plupart de ceux qui la connaissent l'ont oublié, comme si elle avait été effacée des mémoires. La seule chose dont je me souvienne sont ces guerriers. . . leurs armes ne nous touchent que si on s'y opposent, que ce soit par l'attaque ou la défense. Il se peut que plusieurs viennent nous harceler, mais une fois qu'on a comprit pour un on comprend pour tous, ils se lassent vite de ce jeu. »

Les gardiens du premier cercle semblaient impressionnés par l'énergie enflammée qui se dégageait de la djinna mais aussi de son savoir. Cela n'avait été qu'un jeu. . . Tant Ourm que Shereen étaient au courant. Ils ne pouvaient attaqués franchement de toutes façons car aucun des deux n'avaient de mauvaises intentions.

Ils continuèrent leur progression jusqu'au second cercle et arrivés devant le sanctuaire Shereen voulait être sûre qu'ils ne courrent aucun danger.


« Tu as de la place ? demanda-t-elle. »

Par place elle entendait surtout pas de pics avec sa personnalité outrée que l'on vienne s'installer à ses côtés. Il fallait bien pourtant, au moins pour cette fois.
Le temple semblait s'illuminer encore plus. Fait de marbre blanc il dégageait une pureté exceptionnelle au milieux des restes des voyageurs qui reposaient devant, le squelette surmonté de vêtements. Il n'y avait pas de porte en tant qu'obstacles et la lueur des flammes se reflettait à l'intérieur.
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Ourm

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MessageSujet: Re: Il était un dragon... Prélude à une histoire draconienne   Jeu 6 Mai - 8:05

Ourm se demanda s'il n'aurait pas dû insister un peu plus, il avait horreur de déranger dans cette posture et était sorti de Sheeren assez promptement, mais peut-être ne lui avait-il pas laissé le temps de s'habituer à lui.

C'était parfait sur son épaule de toute façon : il était à l'air, et confortablement installé.


— Oh ! Je ne rêve ni ne suis mort. Le corps est seul. Un corps vraiment seul meurt, évidemment. C'est pourquoi un lien subtil me retient à lui. C'est la double fonction du gardien : veiller sur le corps physique et sur le lien subtil. Mais pour casser ce lien subtil, il faudrait que je sois vaincu, et dans mon corps subtil, je suis plus puissant encore qu'en mon corps physique, même sous sa forme draconique.

Il rit

— Il ne faut pas se fier à l'apparence si présentement j'ai la taille d'un grand papillon !


Il écouta la remarque de la djinna sur la nuit, et répondit :

— N'est-ce pas que les étoiles sont un merveilleux spectacle ? N'est-ce pas que la nuit est comme un cocon de rêve et de doux songes, un baume pour apaiser les éventuelles brûlures des sentiments du jour ? Cela remplit mon coeur de poésie, quand je sens une vaste nature, libre et vierge, nous envelopper dans le même temps.

Il lui chatouilla le cou avec une aile, quoiqu'il ait besoin d'insister puissamment pour faire réagir son corps physique, avec le peu de consistance matériel qu'il avait.

— Je vous préviens ! Quand je me sens léger et dragon, j'ai un fond taquin qui ressort ! Surtout que vous ne pouvez pas riposter, dans cette situation !

Puis, redevenant plus sérieux :

— Dites, vous allez me dire si j'ai correctement interprété votre coeur, tout à l'heure. Je vous offre ces vers :

Shereen,
Djinna en ardeur
Quelles sont vos ailes ?

Vivante et rebelle
Sur un grand doux coeur
L'âme fière et belle
Mais libre à toute heure,

Aimant sans compter
Dessous l'apparence
Ne voulant jamais
Donner la souffrance

Elle pèse un pas
L'inconnu : méfiance !
Ne se donne pas
Préfère l'errance

Elle est jour et nuit
Sourire et colère
Mais la noble amie
Offrant sa prière

On peut la toucher
Comme un vent caresse
Mais pas l'attacher :
Liberté sans cesse !


Il avait à peine prononcé les derniers mots qu'une lourde lame s'abattit sur eux.

— ça alors ! Ce n'était pas que de l'immatériel, ça !

Il écouta l'explication de la djinna avec attention, et trouva la réponse très intéressante.

Il ne furent plus inquiétés jusqu'au sanctuaire central.


— La blancheur de ce lieu me rassure, sa beauté aussi, comme si elle échappait au temps. L'aura du Gardien endormi ne me fait pas peur. Mais si près, je sens autre chose. Je ne sais pas. Je ne connais pas l'histoire de ces lieux. Je crois seulement qu'il faudra veiller à ne pas faire de bêtises...

Il voleta autour d'elle, et rajouta à sa dernière question : Oui.

Plongeant à nouveau en elle, il refit le même exercice, à la même taille. Cette fois-ci, tout se passa bien. Il grandit alors légèrement, couvrant entièrement le corps physique de la djinna.

— Voilà. Je vous cache, ajouta-t-il.
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Chiraz Abd'Al Tahar
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MessageSujet: Re: Il était un dragon... Prélude à une histoire draconienne   Dim 9 Mai - 19:21

Shereen n'était pas tout à fait d'accord sur la nuit. Elle n'en dit rien car déjà elle pensait avoir trop parlé en évoquant son plaisir face à ce paysage. Ce qu'elle trouvait au désert couvert par le ciel nocturne et ses étoiles c'était qu'il était triste, seul. Une solitude mélancolique qu'elle jalousait car elle, elle n'était jamais triste. Enervée, déçue, frustrée, appeurée, mais pas triste. Le désert lui murmurait combien il aime les voyageurs, les histoires qu'ils se racontent, malheureusement ils ne restent pas longtemps en dehors de quelques clans nomades. L'étendue sabloneuse cachait des secrets que personne ne soupçonnait, pas même Ourm et Shereen. En réalité ils savaient que quelque chose était enfouis mais cela dépassait leurs soupçons.

Le désert change peut-être de voix se dit-elle. A certain il chante le bonheur des rêves, à d'autres il confie la souffrance de la solitude. Quoiqu'il en soit tout le monde entend quelque chose. L'elfe la tira de ses réflexions en la chatouillant. Très sensible elle rit assez facilement et n'en voulu pas à son compagnon. Un contraste se faisait entre la familiarité dont il usait et le vouvoiement. Ce n'était pas à cause de la crainte, juste une habitude naturelle qui lui revenait de temps à autres. Il s'arrêta de jouer pour lui dire :


« Dites, vous allez me dire si j'ai correctement interprété votre coeur, tout à l'heure. Je vous offre ces vers. »

Le poème était dit sans hésitations. Ourm avait eu raison sauf sur un seul point : " Aimant sans compter ".
Ce fut une de ses répétitives remises en question mais elle conclut, faisant preuve d'une confiance jamais donnée jusqu'alors, qu'un jour si elle aimerait elle le ferait ainsi. Pour l'instant elle n'avait vécu que sous la contrainte de l'amour. . . D'abord Reza qui avait préféré la cloîtrée, ensuite un mariage arrangé depuis 20ans.


** Si je suis dans l'incapacité d'aimer, c'en est peut-être une des causes. **

Enfin soit ! Le cavalier avait couper cour aux pensées d'Ourm et Chiraz sans laisser le temps à cette dernière de le remercier. La djinna avait été attentive à ses remarques : il y avait deux sortes d'aura différentes mais elle percevait mal la deuxième, comme si elle était morte. Ils continuèrent sur le plan prévu ; le dragon entra en elle une seconde fois. Elle avait anticiper et son esprit était plus ouvert à ce corps étranger. A nouveau elle se ressentit très forte. Parallèlement elle se sentait même grandir. . .

« Merci pour le poème, dit-elle sans rapport avec le sanctuaire. Il n'y a que deux personnes en ce monde qui me connaissent. Tu es la deuxième. »

La djinna entra dans le temple sans plus d'explications. Il n'y avait pas d'effigies à une quelconque divinité, juste des colonnes qui soutenaient le batîment et un bassin au milieu de la pièce centrale. La décoration était inexistante mais la simplicité du lieu renforçait sa beauté. Shereen s'approcha du bassin afin de se laver les mains et le visage, comme il doit être fait dans un lieu sacré. Elle ne remit pas son voile puisqu'à l'intérieur il était inutile : ni froid, ni sable, ni personne ne la dérangeait. Et pourtant. . .

« Ne sents-tu pas quelque chose, Ourm ? demanda-t-elle, avec une impression étrange d'être observée. Penses-tu que ce soit le gardien ? »

Elle avança jusqu'à un autel où étaient disposés une multitude de bijoux magnifiquement ouvragés. C'était là les seules richesses entreposées.

** Comme ils sont beaux. . . **

Insensible aux charmes des gens mais parfois ô combien matérialiste, Shereen adorait les jolies choses ; le ciel couvert d'étoiles, les couleurs des fruits, mais aussi les robes de soies, les accessoires faits de métaux précieux et de pierres finement taillés. . . L'irrésistible envie de saisir le petit pendentif représentant une rose en or l'avait prise. C'était si petit ! Comment pourrait-elle réveillé quique ce soit ? Il y avait des courronnes, des colliers à multiples rangés, mais elle ne voulait que cette rose dorée ! Oh, et surmonté d'une grenade ! Elle s'était petit à petit penchée dessus, puis elle dirigeait sa main vers le trésor intouchable quand soudainement une voix puissannte et caverneuse la gronda :

« QUE FAIS-TU INCONSCIENTE ! ! ! »

Furtivement elle s'était éloignée du buttin. De véritables amoureux des richesses se seraient jetés dessus et n'auraient put être prévenus. Elle, elle avait eu de la chance. Quelqu'un la prit par le bras et la retourna, elle était face à un homme d'un peu plus de deux mètres, la peau tannée, les cheveux sombres et ses yeux encore plus noirs que noirs. Son style vestimentaire était entre celui d'Ourm et Shereen : très couvert et déchiré. Il ne le dit pas mais il ne faisait aucun doute qu'il s'agissait d'un dragon. Muette, elle le regardait, plus impressionnée qu'effrayée. Elle resta un moment comme ça avec un tas de questions plein la tête. . . son compagnon quand à lui ne tarderait pas à agir.
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MessageSujet: Re: Il était un dragon... Prélude à une histoire draconienne   Lun 10 Mai - 13:38

Shereen ne l'avait sans doute pas fait exprès, mais elle exprima sa gratitude pour le poème lorsqu'Ourm fut installé en son sein, ce que le dragon apprécia beaucoup.

— Comme c'est gentil d'avoir attendu que je sois revenu ! À l'intérieur, je ressens très clairement tes émotions. Cela me touche beaucoup. Tu m'en vois heureux !


Ourm tutoyait à nouveau, mais ce n'était pas gagné pour autant Il se fit en lui-même la remarque, cela ne lui arrivait pas souvent d'hésiter ainsi, de se placer entre une amicale familiarité et une distance respectueuse. Il trouva rapidement la réponse, surtout qu'il ressentait la Djinna spécialement fort, à sa place présente. Elle faisait battre deux aspects de son coeur. Le premier était celui qu'il avait trouvé le plus vite et le plus aisément, un grand doux coeur généreux et sensible pour lequel il se sentait proche, et même protecteur. Mais le deuxième aspect continuait de l'intimider. Un aspect farouche, rebelle et blessé ; il se confirma que sa vie n'avait pas toujours dû être une partie de plaisir. Comme elle était une âme très forte, sa colère enfouie grondait aussi sourdement qu'un torrent sous la montagne. Il n'aurait pas voulu être son ennemi.

Le Sanctuaire semblait avoir miraculeusement échappé au temps. Ourm se demanda comment le bassin pouvait abriter une eau si pure en un tel endroit. La pièce reflétait la douceur et la pureté. Elle mettait en confiance. Pourtant...

Il sursauta. Tout mettait en confiance, pour que...

Tout à ses réflexions, il en avait oublié de surveiller Shereen.


— NOOOOOOOON, hurla-t-il.

Mais il était trop tard. Enfin, il aurait dû être trop tard, mais la djinna fut vivement écartée de l'objet de sa convoitise par une force absolument considérable. Ourm s'attendait à recevoir le sanctuaire sur la tête, mais tout n'émanait que d'un seul homme.

Le dragon se précipita hors du corps de Shereen et s'interposa vivement entre elle et l'inconnu. La djinna ne pouvait pas le voir, mais continuait à l'entendre comme si un fil invisible les reliait. L'homme, quant à lui, semblait le voir aussi clairement qu'il voyait la jeune femme. Il semblait très en colère

— Comment fut-ce possible que je ne la remarque pas ? Je comprends maintenant ! C'est toi ! Tu as usé de la dissimulation draconique !! Je n'avais senti que toi à qui je faisais confiance, dans une forme subtile inoffensive pour le Drame ! Je regrette en ce jour que les dragons ne se mangent pas entre eux !

— Mais mais mais, comment pouvez-vous être... ?

— Exactement !

— ...un Dragon Noir, roi des rachacx !

— Vos pitoyables rachacx !


Shereen ne pouvait sans doute pas le savoir, mais il n'était jamais arrivé à Ourm de baisser la tête devant quiconque, sinon par amour ou générosité. Or, il semblait visiblement effrayé, ce qui ne lui était non plus jamais arrivé. A priori, cet homme était pour les dragons ce que Ourm pouvait être pour les djinni : ce n'était même pas la peine d'essayer de le combattre.

Une lueur de gourmandise se dessina dans le regard de l'homme, qui dévisageait à nouveau sombrement Shereen. On pouvait se douter qu'il n'avait pas mangé depuis très longtemps.


— Vous m'avez réveillé en sursaut. Rien que pour cela...

Il fronça les sourcils en regardant l'autel.

— Mais pour cela, je devrais...

Il semblait bouillir.

— Vous avez failli y arriver ! Tout ici, fut organisé pour accueillir les pilleurs. Même les gardiens extérieurs sont de la pacotille. Tout fut pensé pour dévorer l'âme d'un pilleur pour en faire la clef de la résurrection des Damnés ! Beaucoup sont tombés dans le piège : il ne manque presque plus rien, il n'en manque plus qu'un. C'est pourquoi *on* m'a envoyé.

Un pâle sourire se dessina sur ses lèvres, tandis qu'il regardait à nouveau la djinna.

— C'est pourquoi je mange les intrus. Mais je t'assure que te faire dévorer par moi est un sort infiniment plus agréable que ce qui t'aurait attendu si tu avais porté ce bijou. Si tu le savais, tu me remercierais en allant chercher toi-même la broche pour te rôtir.

Ourm s'interposa à nouveau.


— Ne faites pas cela ! Heu. C'est ma compagne !

Troisième exception de la journée, un dragon comme Ourm ne mentant jamais.

— Ah oui... ? répliqua l'homme avec sévérité.

— Oui oui ! Nous vous apporterons une perle draconique pour prix de notre faute !


Il s'apaisa instantanément.

— Voilà qui me rassasierait comme je ne l'ai pas été depuis fort longtemps...

Il réfléchit un instant.

— C'est entendu. Je vous attendrai. Je sais qu'un dragon ne peut revenir sur sa parole. Mais si un jour vous vous approchez à nouveau de cet autel, je mange la femme et je fais une couverture avec tes ailes.

Ourm se fit tout petit et partit vivement se cacher dans le corps de la djinna. L'homme se démit de son collier et le plaça entre les main de Shereen. Il était en or massif.

— De l'or de qualité pour la perle. Vous n'avez pas intérêt à en faire autre chose. Ne soyez pas avares sur l'autre ingrédient majeur, mais ne va pas jusqu'à le tuer.

Il avait prononcé ces mots avec respect et mystère. Il disparut soudainement. La djinna entendit seulement la voix étouffée d'Ourm, qui lui disait :

— Pas un demi-quart de pas vers l'autel ! Vers la sortie, vite vite ! Il nous regarde ! Ne regarde même pas cet autel, de peur de le faire changer d'avis.

Ourm était maintenant tout petit et son corps subtil ne ressortait plus du corps physique de la djinna, même sa queue ou ses cornes. Il s'était fait à nouveau taille lézard.
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Chiraz Abd'Al Tahar
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MessageSujet: Re: Il était un dragon... Prélude à une histoire draconienne   Mar 11 Mai - 18:39

Le temps qui se passait durant ce long échange de regards paraissait long. Ourm les interrompit avant que Chiraz ne se fasse littéralement cuisiner, placé entre elle et son agresseur - ou gardien des lieux. Il y eut une discussion entre son compagnon et l'autre dragon, plus fort que lui apparament.

La preuve en était que le gentil blondinet baissa la tête. De peur ? Par respect ? Un mélange des deux ? Shereen ne le savait ne connaissant pas assez bien le dragon elle se gardait de tout jugement. Malgré ce signe de faiblesse elle ne s'inquiétait pas encore. Elle observait, impressionnée, le dragon noir. Il avait méchament le dessus sur Ourm et en était pleinement conscient.

Un autre regard, dépourvu de reproche mais terriblement effrayant. De ses yeux noirs il scrutait Shereen avec une avidité qu'elle ne connaissait pas. Il n'en fallut pas plus pour qu'elle ait l'impression d'être une appétissante gazelle sous la patte d'un tigre ! Son ventre se noua et elle voulut se débattre. A la recherche d'une échappatoire elle ne pensait même pas à s'évaporer. La preuve que l'angoisse l'habitait totalement ! Il poursuivit son discours, Ourm et Shereen ne disait pas un mot. Ils étaient tout les deux terrifiés par ce monstre qui n'avait pas besoin de faire beaucoup d'efforts pour se débarasser d'eux. Il ne terminait pas ses premières phrases puis lorsqu'enfin il se décida à le faire il restait énigmatique.

A nouveau il reporte son regard sur la djinna, l'air plus affamé que jamais. Elle se demandait ce qui se serait passé si elle avait touché le trésor. Elle voulait toujours sa rose d'ailleurs. . . D'après le roi dragon se faire manger par lui n'était pas grand chose en comparaison à ce qui serait arrivé. Il resserra sa main sur le bras de Shereen, se préparant à la rôtir sûrement. Ourm intervint au bon moment :


« Ne faites pas cela ! Heu. C'est ma compagne ! »

La jeune femme se tourna vers lui et haussa un sourcil. Comment pouvait-on mentir aussi mal ? Pour une experte en la matière, l'hésitation fut suffisante selon elle pour qu'elle finisse cramée en moins de deux. Pourtant son supérieur se content de l'interroger sévèrement. Un marché fut conclut finalement : une perle draconique contre la vie de Shereen. Sur des paroles incompréhensibles il donna un lourd collier à cette dernière.

« De quoi parlez. . . »

Sa question à peine entamée le Dragon Noir n'attendit pas pour se volatiliser. Ourm la pressa, désireux de quitter le temple. La djinna voulait rester et poser des question mais il serait bête de risquer à nouveau sa vie après avoir été prévenue. Sur les conseils de son compagnon elle sortit du sanctuaire. Une fois au dehors sa voix revint aussitôt. Elle mit le collier autour de son cou, scrutant le médaillon.

« Ca a un rapport avec ce qu'il disait ? D'ailleurs as-tu comprit ? »

Elle continuait de marcher, écoutant la douce voix d'Ourm. Lui aussi semblait plus à l'aise en dehors du temple.

« Excuse-moi Ourm. . . par ma faute on se retrouve avec une dette. Dis-moi, qu'est-ce qu'une perle draconique ? »

Elle était passée d'un ton sérieux pour juste après oublié leurs problèmes. Seule elle n'aurait pas agité différement, à peine sortit du temple elle se serait mise à gambader dans le désert comme une joyeuse petite folle ( un peu d'humour voyons Smile ). Après s'être éloignés depuis un moment, Shereen se retourna ; le sancuaire illuminée n'était plus qu'un tas de caillasses se fondant au reste du décor. Avaient-ils été victimes d'un mirage ? Ce lieu était aussi mystérieux que son gardien.

Pour une fois, la djinna se sentait presque en confiance. Avec Ourm elle sentait un sentiment de sécurité qui lui faisait à fois peur et qui la mettait à l'aise en même temps. Elle arrêta de regarder les ruines et reprit la marche.


« Te rappelles-tu l'histoire de la djinna ? demanda-t-elle, doucement, presque en murmurant. Il y a une erreur. . . la lampe d'un djinn est sa malédiction. Rien ne peut la casser. Elle marqua une pause et reprit : si quelqu'un venait à se saisir de l'objet le djinn doit se soumettre à sa volonté. »

Elle n'entra pas dans les détails, il en savait suffisament pour comprendre l'histoire et peut-être même comprendre la méfiance démesurée de Shereen. Ils étaient revenus à la tour. Le grand fauve protégeait toujours le corps du dragon. Elle laissa Ourm sortir pour retrouver son enveloppe charnelle et ensuite s'approcha du lion pour le caresser. Elle le prit par le col et enfouis se tête dans sa crinière en lui murmurant des remerciements avant qu'il ne se dissipe ne laissant en tout et pour tout un tas de sable.

« C'est bizarre Ourm. . . m'as-tu réellement quittée ? Je me sents plus forte que tout à l'heure. »

Elle se tourna vers le dragon, constatant qu'il avait bien retrouvé son corps. En réalité un changement s'opérait en elle, bientôt elle montera en grade. Après avoir écouter le blondinet, elle proposa :

« On rentre si tu veux toujours venir avec moi. »
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MessageSujet: Re: Il était un dragon... Prélude à une histoire draconienne   Mer 12 Mai - 15:15

Ourm la regarda dans les yeux, baissant légèrement la tête.

Non, tout est ma faute. J'aurais dû sentir tout cela. J'ai été trop intrépide et trop peu réfléchi. Je te prie de me pardonner...

Puis, avec un sourire malgré tout lumineux :

Mais au moins, nous sommes allés au bout de notre idée ! Nous ne serons pas poursuivis par ce regret. Nous avons seulement un prix à rendre, un prix que nous avions implicitement accepté de donner en passant ce pas. Tu sais, je suis heureux, très même. Je me serais reproché toute ma vie de te voir finir en brochette. Mmmh... Non, je ne me le serais pas reproché : je me serai interposé et je serais mort. Tout est bien !

Il semblait lui aussi avoir tourné une page, comme s'il parlait d'une vieille aventure, et non des dernières heures. La djinna, encore plus : elle gambadait même ! Il en fut très réjoui et failli l'imiter, mais sa fierté de dragon l'emporta : un minimum de convenance est draconiquement habituel.

Cette aventure passée, Shereen semblait beaucoup moins tendue, pour ne pas dire plus du tout. Pour Ourm, il lui semblait qu'elle avait rajeuni de plusieurs années. Il écouta avec une attention soutenue le récit de la Lampe. Il semblait désolé.


Oh... Shereen, je... Je regrette de ne pouvoir te donner en retour une telle confidence. Nulle malédiction ne frappe les Dragons, si ce n'est ce que tout le monde connaît : les Armes de l'Aube. C'est affreux... Je crois que j'en mourrais, si on me ravissait ma liberté. Liberté et Dragon riment ensemble.

Il retrouvèrent enfin le lion et le corps physique d'Ourm, qui se hâta de le récupérer. Il remercia le gardien en s'inclinant bien bas.

Tu vas sentir longtemps ma présence, tu sais... Surtout toi, je pense. Tu as aussi une flamme en toi, et j'ai l'impression qu'elle a gardé de la mienne. Si un jour un esprit ou un corps subtil revenait, ce souvenir disparaîtrait par contre complètement.

Il resta un moment songeur à regarder le paysage.

Je t'accompagne... finit-il par dire avec nostalgie.

C'est seulement alors qu'il se décida à répondre à la première question de la djinna.


Il faudra réduire ce collier en poudre. Les mouiller avec des larmes ou de la rosée. Puis y ajouter...

Il déglutit.

Puis y ajouter un dernier ingrédient, et lier le tout au feu-de-dragon. La perle draconique sera alors prête. Cela rassasie un dragon pour des siècles... Mais ces perles sont rares, car elles impliquent l'affaiblissement d'un autre dragon. C'était la nourriture des rachacx de jadis.
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Chiraz Abd'Al Tahar
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MessageSujet: Re: Il était un dragon... Prélude à une histoire draconienne   Dim 23 Mai - 21:57

Si le dragon voulait que ce soit sa faute Shereen n'allait pas la lui reprendre, non mais oh ! La vérité étant que normalement elle ne sait pas les reconnaître, alors si quelqu'un voulait prendre les responsabilités à sa place elle ne s'en plaindrait pas. Par contre elle était d'accord sur le fait qu'ils n'auraient pas regretter cette escapade plus tard mais elle tilta à cette réplique :

« Tu sais, je suis heureux, très même. Je me serais reproché toute ma vie de te voir finir en brochette. »

Lorsqu'elle fut impressionnée, voir craintive, elle n'avait pas pensé qu'elle était peut-être insensible au feu-dragon. Ourm l'avait bien rendu plus forte. Intérieurement la djinna se demandait si elle n'aurait pas du provoquer le Dragon Noir afin de vérifier cela mais ça aurait pu être le risque de trop. Elle sourit quand même à la conclusion de l'elfe.

Le ton fut moins gai lorsqu'elle aborda le point faible des djinni. Il lui sembla triste, plus encore qu'elle-même.


« Oh... Shereen, je... Je regrette de ne pouvoir te donner en retour une telle confidence. Nulle malédiction ne frappe les Dragons, si ce n'est ce que tout le monde connaît : les Armes de l'Aube. C'est affreux... Je crois que j'en mourrais, si on me ravissait ma liberté. Liberté et Dragon riment ensemble. »

La jeune femme soupira et répondit :

« Inutile de te sentir redevable face à cette déclaration. Je n'attends rien de la vie, encore moins de personne. La seule chose que je veut préserver c'est ma liberté. Dans ce monde il n'y a rien de plus précieux. . . puis en souriant : ça ne m'étonne pas que les dragons l'aiment tant. Ceux qui sont issus de l'élément du feu ont du mal avec la stabilité et les limites. Même la peur ne suffit pas. . . ou les risques. Nous venons à peine d'en fournir quelques preuves dans ce temple. »

Elle écouta l'explication du dragon avec attention. Elle discernait deux "flammes", c'est bien vrai : le souvenir d'Ourm et la sienne. Bien qu'il lui avait laissé assez de puissance elle ressentait que la sienne avait grandit séparément. Elle songea un instant au fait qu'elle ait évolué et cela lui fit intérieurement plaisir. Très vite en revanche elle fut déçue : être Marid n'a pas que des avantages. Les humains pourraient bien avoir envie de se procurer sa lampe.

Elle laissa pour l'instant ces pensées de côté, préférant écouter la fabrication de la perle draconnique. Elle remarqua sans problème qu'il avait omis une partie de la recette.


** Que c'est agaçant. . . je l'interroge ou. . . **

Avant même d'avoir finit de penser, Shereen avait demandé :

« Quel est cet ingrédient que tu tiens secret ? »

Trop directe, insouciante ou impolie, difficile parfois de prendre le manque de délicatesse de la djinna facilement.

« Pour la rosée, ça ira, j'en ai tout un flacon, quand à ce qui est de l'affaiblissement. . . penses-tu que je puisse te soutenir ? »

Elle retira le manteau qu'elle avait sur elle et le tendit à Ourm.

« Ca nous éviterait bien des embêtements si tu acceptais, expliqua-t-elle en riant. A cette heure-ci il n'y a pas personne mais je devrais te présenter à la maison. »

Ils quittèrent la tour afin de prendre le chemin pour Tal'Shek, la ville aux milles visages.
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MessageSujet: Re: Il était un dragon... Prélude à une histoire draconienne   Lun 24 Mai - 8:54

Ourm hocha silencieusement la tête, approuvant la réponse de la djinna. Il parut en revanche à nouveau gêné quand il fallut encore aborder la perle.

Soyons optimistes. Nous aurions pu mourir tous les deux, tout à l'heure. Par ce gentil Dragon noir au mieux, par une horde de malédiction qui aurait ravagé tout ton pays au pire. À côté de ça...


Ils marchaient ensemble vers la ville mais elle le regardait fixement et insistait par un regard de flamme sans qu'il soit besoin qu'elle rajoute un mot. Il fut donc forcé de continuer.


Oh, tu sais...

Il soupira, et regarda le ciel, mais il sentait toujours la chaleur de son regard. Il rajouta dans un nouveau soupir, s'enveloppant du manteau de la djinna et semblant être soutenu par sa bonne humeur.

L'ingrédient ? Ah ! Oui, l'ingrédient. En fait, ce qui pose un problème... Enfin, un problème pour moi... C'est surtout la façon de récolter cet ingrédient... Très majoritaire. Le reste, ce sont des ingrédients mineurs. Des liants, des catalyseurs. Il nous faudra en vérité un chaudron de trois cent litres pour mélanger le tout.

Puis, d'un air plus léger :

Mais la première étape est l'or et la rosée. Si tu en as de prête, c'est parfait ! Il faut mélanger l'or en poudre et la rosée et laisser reposer au moins une bonne dizaine de jours, voire un mois. Bon, cela nous laisse le temps de préparer la suite...


Plus sombre :

Il faudra se cacher quand nous pourrons le faire. Le désert ? Tu ne peux pas me soutenir, mais tu peux m'aider en me cachant et me protégeant. Il faudra que je prenne ma forme draconique physique, et que je reste dragon une bonne dizaine de jours au moins. En convalescence... Toute autre forme me tuerait, car je serai trop faible, y compris pour me défendre. Or cette forme attisera la volonté de me détruire chez les tiens. Enfin... Probablement pas les tiens, mais les humains.

Tout bas, d'un murmure :

Un dragon ne donne pas son sang sans conséquence...
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MessageSujet: Re: Il était un dragon... Prélude à une histoire draconienne   Mar 25 Mai - 19:22

Une seconde fois le dragon évita de manière bien visible le sujet de la perle. Il brodait des mots autour sans pour autant parler de véritable centre d'intérêt. Elle du se pincer discrètement la lèvre pour ne pas lui faire de remarques. Elle ne tiendrait pas longtemps c'est sûr. L'air faussement détaché qu'avait Ourm ne la trompait pas qui plus est.

Les instructions qu'il fournissait ne semblait pas demander beaucoup d'efforts jusque là. Broyer de l'or, le mélanger à la rosée et laisser reposer un certain nombre de jours. Facile. L'aide qu'il demandait en revanche était assez conséquante. Elle réfléchissait à ce qu'elle pourrait faire tout en se demandant comment revenir cet ingrédient mystérieux. Elle n'avait pas posé la bonne question. Elle soupira, se disant qu'elle manquait de tact. Shereen annonça ensuite calmement :


« Des secrets, j'en ai plein qui ne m'appartiennent pas, comme tout un chacun. Mais je comprendrai aussi si tu ne veuilles pas m'en parler. Dans le dernier cas, je désire t'entendre me le demander. »

Les choses les plus simples ne sont pas forcément évidentes. La djinna ne demandait pas énormément. Ourm pouvait le voir puisque sa requête n'exigeait rien de particulier. Lorsque l'on agissait ainsi avec elle, plus encore lorsqu'elle insistait, Shereen avait l'impression d'être un monstre. Habituellement elle en riait seulement Ourm était aussi gentil qu'elle pouvait être peste. Face à ce regard d'or elle regretta quelques microsecondes son comportement.

« Dix jours c'est long ! Enfin. . . avec l'énergie que tu as laissée en moi, ça devrait aller. Je placerai deux sortilèges là où tu exerceras ton rituel. Le premier, plutôt simple, servira à repousser ceux qui voudront approcher en leur insufflant le désir de partir. Le second sera une illusion qui te permettra de te camouffler. »

La dernière réplique d'Ourm fit réfléchir quelques secondes Shereen, sceptique sur la conclusion qu'elle venait de tirer.

« Ton sang fait partie de perle draconique ? »

Elle se trompait peut-être mais ça coïncidait assez avec les dire du dragon. Le liquide vital est difficile à récolter, comme il l'a dit plus tôt, de plus il voulait peut-être éviter que la djinna s'inquiète de trop.

Les batîments commençaient à bien se faire voir dans l'horrizon. Ils étaient assez près de leur objectif. Aucun signe de vie n'était visible de là. Quelle nuit paisible. . . pas de foire, ni de fêtes, rien. . . croiseront-ils quelques patrouilles ou bandits en quêtes d'argent ?
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MessageSujet: arf   Mar 25 Mai - 20:03

Ourm regarda Shereen avec un doux regard un peu triste, et répondit à tout par trois mots.

Oui, c'est cela...

Des formes se discernaient à l'horizon. Il s'arrêta.

Shereen. Je ne veux rien te cacher. Tu dois être habituée aux humains. Moi-même, dans ce corps d'elfe, je peux être blessé, perdre du sang, ou en donner consciemment... Ce n'est pas bien grave. Mais en dragon...

Il la regarda à nouveau profondément.


Un dragon qui perd du sang est dramatiquement affaibli. Il est très difficile de le faire... Si je me promenais avec toi en dragon dans une ville, on viendrait probablement me tuer, mais par contusion. Pas avec des armes tranchantes, cela ne m'égratignerait même pas. On pourrait y arriver si j'y mettais du mien, mais ce serait me sacrifier. Dans ce cas, il vaut mieux que j'accepte... ma "lampe", si j'ose dire. Car un dragon qui ne peut honorer sa parole doit payer de sa liberté.
C'est à cela que le dragon noir doit s'attendre. Pour ne pas me tuer, il faudrait accomplir une quête impossible : trouver la lame du rachacx qui servait aux perles draconiques de l'ancien temps, ou trouver une arme de l'aube. Une arme de l'aube maniée par une main douce qui ne veut pas la mort, pourrait faire un travail très subtil. Mais comment en trouver une ?


Il eut un petit rire.

C'est compliqué, hein !

Il lui semblait sentir des présences s'approcher. Cela était loin de l'inquiéter : lui comme la djinna avaient plus d'une ressource dans leur sac. Et puis, cela les distrairaient un peu.

Il se demanda si la djinna, qui semblait avoir une grande habitude des humains, avait des pistes sur l'Aube. C'était un sujet qu'il n'avait jamais approfondi, et pour cause, puisque la fonction première de cette forge était tout de même de tuer les siens. Mais s'il était possible d'en retrouver... Peut-être serait-il le premier dragon de l'histoire à être frappé par une telle arme sans y laisser la vie ? Cela serait un augure appréciable. Une arme de l'aube qui sauve un dragon...
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Chiraz Abd'Al Tahar
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MessageSujet: Re: Il était un dragon... Prélude à une histoire draconienne   Jeu 27 Mai - 16:10

Le sacrifice que devait faire Ourm était assez conséquent et dangereux. Il risquait de perdre sa liberté tout ça à cause d'une escapade. Rien dans les paroles qu'il disait n'exprimait du regret, mais peut-être de la crainte. Même si ils arrivaient à fabriquer cette perle le prix à payer était assez fort.

Shereen se remit en question Elle n'aurait peut-être pas fait la même chose si le cas aurait été inversé. Elle était si imprévisible, elle-même ne prévoyait pas toujours ses actions.


« Compliqué, cela dépend dans quel sens. . . à comprendre, non. A réaliser. . . »

Après cette longue marche sous les étoiles ils étaient arrivés à l'entrée de la ville. Deux gardes s'approchèrent devant la djinna voilà et l'elfe, habitant rare des contrées Kaliorniennes.

« Halte ! Qui va là ? »

Shereen soupira. Elle n'aimait pas se justifier. Elle les regarda tour à tour.

« De simples voyageurs. . . Shereen Bent Ehsan et mon garde du corps. »

Ils regardèrent le jeune homme à la petite carrure en se retenant de rire. Ils avaient face à eux la protégée du vizir quand même ! Ils ne voulaient pas s'attirer trop d'ennuis. La djinna préféra émettre des ondes négatives qui perturbèrent les pensées des soldats, ainsi ils ne pouvaient plus réfléchir aisément et se poser les bonnes questions. Ce n'était pas la première fois, même si habituellement elle revêtait une forme animale.

« Excusez-nous, nous allons vous ouvrir les portes. »

Sans les faire attendre plus longtemps ils s'exécutèrent. Bienvenue à Tal'Shek l'endormie, où les rues perdaient l'odeur des épices le soit et s'embaumaient d'une atmosphère intriguante. Les couleurs vives sous le soleil étaient ternes et douce, seul les lueurs stellaires apportaient un peu de luminosité. Les domes des luxueux batîments semblaient toucher le firmament.
Le soleil se lève tôt à Kaliorn ! Il offrit l'aurore aux yeux d'Ourm et Shereen, la dernière ne tarda pas à s'en enjouée. Ils étaient arrivés sans encombres dans le Palais de Jade.


« Nous allons nous reposer et rediscuter de cela plus tard. »

( Suite : Péripéties et Perle Magique ou Il était un dragon... prélude à une histoire draconienne )
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MessageSujet: Re: Il était un dragon... Prélude à une histoire draconienne   

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